Sur les traces des dinosaures au Parc National de Toro Toro

Sur les traces des dinosaures au Parc National de Toro Toro

Après un petit hiatus de 6 mois, nous reprenons la publication de nos articles ! Pas évident de trouver du temps libre depuis notre retour en France… Mais restez connectés, nous irons jusqu’au bout de l’histoire ;)

Cette partie du voyage a été réalisée en avril 2018

En « route » vers Cochabamba

Le Parc National de Toro Toro n’est pas forcément au cœur des circuits touristiques de Bolivie, alors qu’il semble être un endroit idéal pour découvrir des fossiles de traces de dinosaures !

Y aller implique de transiter par Cochabamba, et le voyage par la route depuis Sucre semblait très périlleux : 10h de bus sur une route tortueuse, avec de gros ravins et des risques d’éboulements ! Nous n’avons pas mis longtemps à nous décider d’y aller en avion, qui est certes dix fois plus cher (30 euros au lieu de 3 euros par bus) et aussi plus polluant. Ce fut cependant un vol très rapide, seulement 20 min ! Il nous à fallu deux fois plus de temps pour arriver à l’aéroport le matin même…

Une fois ce vol effectué, nous avons pris un bus pour regagner le centre ville. Les bus à destination de Toro Toro ne se trouvent pas au Terminus de bus principal mais dans un autre quartier de la ville. Une fois arrivés au lieu de départ, on évalue les options : soit prendre un « microbus » de 10 places environs (35 BOL), qui partent « régulièrement » dans la journée, c’est-à-dire une fois que le bus est plein ; soit prendre le « bus touristique » de 50 places (25 BOL) qui part à horaire fixe (18h), mais qui met 2 heures de plus (6h30 au lieu de 4h30). Nous avons choisi la première option, même s’il a fallu attendre un certain temps avant de partir… Un peu avant 16h, la galerie est chargée, nous partons pour cinq heures de route.

Toro Toro, un parc compliqué d’accès

Une fois sortis de la ville de Cochabamba, les paysages sont magnifiques, nous retrouvons les montagnes que nous avions vu entre Potosi et Sucre. Par contre il y a énormément de ravins ce qui ne rassure pas du tout Elise…

Les informations que nous avions glané sur l’état de la route faisait état d’un revêtement « pavé » : le terme est à prendre au pied de la lettre ! En effet la route a été pavée en 2001. Étonnant pour une zone classée Parc National depuis… 1989 ! Il faut dire que les 3 jours de piste pour arriver au parc n’attiraient pas vraiment les touristes. Le gouvernement a donc tenté d’améliorer la situation, mais aujourd’hui encore il reste encore de nombreuses zones de travaux en cours. Depuis cependant, le tourisme s’accroît peu à peu dans le parc. Les paysans sont devenus des guides et chaque année l’activité du parc croit.

Mais qu’est-ce qui attire donc les touristes à endurer de telles conditions ? Et bien des montagnes incroyables, des gorges époustouflantes et… des traces de dinosaures ! Nous allons tout vous expliquer.

Toro Toro se situe dans les vallées sèches du nord du département de Potosi, et appartient à la partie centro-occidentale de la cordillère des Andes boliviennes. La région est marquée par un paysage montagneux avec de profonds canyons, des vallées et des chutes d’eau. Derrière le nom « Toro Toro », qui provient du quechua « Thuru Thuru » (signifiant boue), se cache toute la particularité des lieux : la terre argileuse de Toro Toro a gardé, prisonnières du temps, des empreintes de pas de dinosaures !

Torotoro a acquis le statut de plus petit parc national du pays afin de protéger un ara rare (à répéter 3 fois !), endémique de la région : le Paraba frente (en français Ara de Lafresnaye), reconnaissable avec sa tache rouge sur le front.

Quelques chiffres :

  • Année de création du parc : 1989
  • Superficie : 16 570 hectares (165 km2)
  • Altitude : entre 1900 et 3600 mètres
  • Situation : à 140 km de la ville de Cochabamba (géographiquement le Parc de Toro Toro se trouve un peu au dessus de Potosi, mais le seul moyen d’y accéder est par le Nord)
  • Flore : 600 espèces de plantes, dont 329 espèces de fleurs
  • Faune : 49 espèces enregistrées, dont le cerf andin (taruca), le chat andin (titi), le puma, le paraba frente…

Le village de Toro Toro est petit et mignon, avec ses rues (pavées !) et sa place remplie de sculptures de dinosaures à taille réelle ou presque ! Le village est très rural : pas de supermarché, pas d’internet (en fait si : une seule borne dans le village, accès payant), mais des gens adorables ! Le meilleur village où nous soyons restés en Bolivie ! La visite du parc national implique de prendre un guide (et un chauffeur), il vaut donc mieux se grouper pour remplir le véhicule ! (6 personnes max).

Première sortie dans le parc : (petits) canyons et spéléologie

Pour cette première journée, nous formons un groupe avec 3 autres français rencontrés la veille dans le microbus. Nous avons un guide et le chauffeur de 4×4, qui semblent être amis de longue date. Nous prenons la route vers les hauteurs et déjà le paysage est incroyable. Nous sommes dans la mâchoire d’un dinosaure, entourés de ses dents tranchantes ! Enfin, c’est le schéma que nous délivre notre guide. Et là, regardez ! Une queue de diplodocus minérale ! Ah, notre imagination s’emballe…

En fait il y a des millions d’années, avant la séparation des continents, Toro Toro était un plateau. Tout était donc plat… Difficile à croire lorsqu’on s’y trouve ! Puis le paysage a été complètement transformé, par le mouvement des plaques tectoniques d’abord, puis par une météorite venue s’écraser ici, et enfin par l’érosion, qui a fait apparaître les multitudes de couches de ce mille-feuilles géologique.

Ciudad de Itas

Cette formation de pierre aux allures de ville (d’où son surnom, « la ville de pierres ») est située à une vingtaine de kilomètres de Toro Toro, à 4 000 mètres d’altitude. C’est un véritable labyrinthe avec des roches de 20 mètres de hauteur. Des cavités ont été formées par l’océan, il y a plusieurs millions d’années de ça. Tout au long du chemin, les pierres semblent également donner vie à des animaux géants, des tortues, des crocodiles, des varans, des mammouth ! Nous nous sommes baladés à travers ces grottes pendant presque 2h puis avons continué au dessus pour revenir au point de départ.

Dans les profondeurs de la Terre : la caverne d’Umajalanta

Plus bas, dans la vallée (ohohhh de Danaaaaah- à non pas celle là) nous quittons le soleil pour nous enfoncer dans les profondeurs de la terre. Pour Elise, qui en plus du vertige souffre d’une légère claustrophobie, ce n’était pas gagné d’avance. Mais elle a tenu le choc, malgré l’obscurité, les cours d’eau ruisselant entre nos jambes, les passages étroits parcourus sur le ventre tels des vers de terre (légère exagération selon Julien), les passages assurés par des chaînes, et les échelles branlantes !

Pour Julien, ce voyage de 2h dans la grotte la plus profonde de Bolivie a été une vraie partie de plaisir ! Au pays des stalactites et stalagmites, il se prenait pour un vrai aventurier.

Deux bémols cependant : d’une part il est très dommage que de nombreuses stalactites aient été coupées à l’époque où les gens pouvaient faire ce qu’ils voulaient, pour « garder un souvenir ». D’autre part, l’aspect « sécuritaire » de l’expédition laissait songeur par rapport à nos habitudes françaises… Pas de trousse de secours, pas de corde en rab, évidemment pas de radio…

Deuxième sortie : Traces de dinosaures et (grands) canyons

Nous repartons le lendemain avec le même groupe de personnes mais avec un autre guide cette fois-ci.

Dans les pas des dinosaures

Après avoir traversé le village, nous entrons dans l’enclos des traces de dinosaures (oui, il est fermé à clé). Il y a fort fort longtemps, à l’époque du Crétacé Supérieur, le paysage montagnard de Toro Toro avait un tout autre visage : c’était une zone côtière, la station balnéaire des dinosaures ! The place to be en période de migration. Le sol boueux, tendre sous les pattes, a capturé avec l’aide des sédiments marins, les empreintes laissées ici durant des millions d’années par les vacanciers de l’époque.

Nous découvrons donc diverses traces de pas de dinosaures fossilisées. Toutes grimpant vers le haut de la colline. Pour nous projeter un peu plus dans l’univers le guide sort des dinosaures en plastique de sa poche et nous donne une image plus concrète du dinosaure qui est passé par là il y a quelques milliers d’années.

C’est assez drôle car nous nous sentons comme des paléontologues en pleines fouilles, comme si nous étions les premiers à admirer cette trace… Plusieurs dinosaures ont été ainsi démasqués ici, des sauropodes (espèce de dinosaures quadrupèdes herbivores, de type brachiosaure et diplodocus) et même des théropodes (dinosaures prédateurs).

Voir ces traces laisse songeur quand à la trace de l’homme dans la grande histoire de l’humanité… On se sent négligeable face à l’histoire de notre Terre, et pourtant nous avons déjà tant bouleversé la nature ! Des milliers d’empreintes sont encore à découvrir dans toute la région. On a du mal à y croire lorsqu’on regarde ces trous dans la boue !

Le canyon de Toro Toro et El Vergel

Nous entamons ensuite une marche vers le canyon de Toro Toro et El Vergel. Nous descendons dans le lit d’une rivière. Les parois et le sol sont sculptées par l’eau (quand il y en a) et le vent. Il y a encore ici quelques traces de dinosaures. Nous arrivons enfin au bord du véritable canyon, qui mesure plusieurs centaines de mètres de profond ! Nous atteignons une plateforme d’observation, la vue est spectaculaire, si on n’a pas le vertige ;)

Puis le chemin se corse un peu. On descend pas mal de marches inégales pour aller au coeur du canyon. Le vide est juste à coté. Elise n’est vraiment pas sereine mais Julien la rassure ;) Une fois en bas, on se sent tout petit au milieu de ce décor grandiose, enfoncée dans les 250 mètres de profondeur du canyon. Puis il faut crapahuter le long de la rivière entre les cailloux et les rochers. Au bout d’un moment, Elise prefere s’arrêter car ses jambes flageolent. Une autre fille du groupe reste avec elle, pendant que le reste part à la conquête de la cascade à 30 minutes de là.

Julien raconte : en fait la cascade n’était pas si loin que cela, le plus gros du chemin avait été fait ! Le guide a été un peu alarmiste sur la suite du parcours, dommage qu’Elise ne soit pas venue. Cela étant dit, il y avait quelques passages un peu « sport », et au final Elise ne se serait pas baigné à la cascade, l’eau était bien fraiche ! J’en ai quand même profité, en particulier pour aller tenter quelques petits « sauts » de canyoning ! A peine le temps de sécher au soleil, et on est reparti.

Au retour, il a fallu gravir tout ce qu l’on a descendu bien entendu. Et non sans mal :) Et comme nous avions un « micro » à prendre pour repartir vers Cochabamba (puis La Paz) dans l’après-midi, on n’a pas trainé à rentrer. Le guide étant lui même fatigué, il nous a organisé un retour en van depuis le haut du Canyon !

Toro Toro, un beau Parc National, mais qui se mérite

Le Parc National de Toro Toro n’est pas forcément au cœur des circuits touristiques, et au vu des « complications » pour y accéder, on peut le comprendre. Clairement le parc propose de beaux paysages et des balades sympa. Après, il faut avoir le temps d’y passer, et savoir que la route pour y accéder (surtout depuis d’autres villes comme Potosi ou Sucre) est longue et aussi périlleuse !

Il n’y a pas grand chose sur place, 2 jours maximum sont suffisants, saufs si vous êtes des inconditionnels du parc ! Dans le village, il y a quelques boutiques et deux ou trois restos (dont un assez sympa où ils proposent des burgers de lentille). Ne comptez pas trop sur le wifi au village… Les accès sont compliqués, et à moins de réussir à remplir un « micro » il est possible que vous n’ayez que le « bus touristique » du soir comme option de transport.

Concernant la visite du parc, on a trouvé qu’au final c’est surtout votre guide qui donnera le ton de votre balade. Mieux vaut tomber sur un très bon guide, qui s’intéresse vraiment à vos envies et qui a des choses à vous raconter sur les paysages et la région.

Suite du périple, La Paz ! A bientôt !

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