La Paz, une capitale étonnante

La Paz, une capitale étonnante

Cette partie du voyage a été réalisée en avril 2018

Au cours de notre voyage, les voyageurs rencontrés étaient plutôt divisés sur La Paz. Soit on adore, soit on déteste. Avec ce type de discours, et une réputation sécuritaire défavorable (avec des recommandations comme « ne pas rentrer à pied après 20h »…), nous ne partions malheureusement pas avec de bons à-priori sur cette ville.

Le premier contact avec la ville est difficile, et fait pencher la balance du côté « on déteste » : immense (superficie totale de 315,00 km2), grouillante de monde, polluée, un trafic automobile de dingue, des klaxons, des vendeurs ambulants par milliers, des gens pas tous très gentils… Mais il faut pendre son fameux téléphérique pour mieux prendre la mesure de la capitale la plus haute du monde : bordée par les hautes montagnes de l’Altiplano (dont certaines à plus de 6000m), encaissée et cerclée de collines envahies de maisons de briques rouges, cette ville est déconcertante !

La Paz est la capitale « administrative » de la Bolivie. Le gouvernement y siège, mais la capitale constitutionnelle de la Bolivie est Sucre (qui abrite aussi le siège de la Cour suprême, on pourrait donc aussi dire que Sucre est la capitale judiciaire). Capitale « la plus haute du monde » avec ses 3650m d’altitude, nous y sommes restés 3 jours tout de même, entre repos et tourisme.

Au petit matin, dans le terminal de bus…

Le voyage entre Cochabamba et La Paz ne laissera pas de doux souvenirs dans nos mémoires… Tout d’abord, prendre son billet à la gare de Cochabamba est une épreuve : on se fait harceler par des rabatteurs et vendeurs à la criée, attention aux arnaques ! Exemple typique : vous prenez un billet chez une compagnie « respectable » avec des bus récents, et vous vous retrouvez dans un bus un peu vieillot où il a fait super froid ! Le tout sur des routes horribles…

A l’arrivée au petit matin, nous étions transis de froid et courbaturés. Il nous fallait cependant encore attendre l’ouverture de notre hôtel. Pour faire passer cette heure d’attente dans une gare de bus froide, nous tentons de nous réchauffer avec un thé chaud et une pâtisserie. Sauf que la pâtisserie était rassie, et la propriétaire nous a envoyé baladé quand on lui a fait remarquer. Sympa le premier contact avec la ville !

Il faut dire que le quartier du terminal de bus n’est vraiment pas le plus beau. Après une vaine tentative de trouver un transport en commun (20 minutes de marche pour se retrouver au mauvais endroit), la fatigue et le manque de motivation nous incitent à prendre un taxi… Surprise, arrivés à l’hôtel, porte close. Nous parvenons à rentrer (lorsqu’une personne sort) et squattons la cuisine (froide elle aussi) en attendant que la réception ouvre !

Comme nous devions faire notre carte touristique pour Cuba pour les semaines à venir et que nous ne savions pas si nous aurions le temps à Lima à la fin du périple au Pérou, nous avons décidé de le faire dès la première journée (nous étions un vendredi). Après un petit déjeuner dans l’hôtel encore endormi, nous prenons donc la route de l’ambassade par taxi, celle-ci n’étant pas tout près. Nous nous attendions à toutes sortes de complication sur l’obtention du visa… affaire classée en 30minutes ! Puis nous décidons de rentrer à l’hôtel… en téléphérique !

Bon, il faut du temps pour prendre le téléphérique, c’est pas hyper rapide mais c’est une super expérience (6 bob A/R par personne par téléphérique) ! De tout là-haut, la vue sur La Paz est impressionnante. Nous ne nous attendions pas à une ville si grande et si vallonnée… Clairement aller à La Paz et ne pas prendre le téléphérique, ce serait gâcher une opportunité de mieux voir les choses.

2 jours de tourisme et de culture

A la découverte de la ville

Nous avons commencé notre visite de la ville à pied, idéal pour se faire une idée ! Bon évidemment, les premières rues que nous avons arpenté, autour de notre hôtel, n’étaient pas les plus romantiques… Quelques images pour vous donner une idée :

 

Place Murillo

La Place Murillo (Plaza Murillo) est l’une des places les plus importantes de la capitale bolivienne. Elle doit son importance aux principaux bâtiments officiels qui l’encadrent : le Palais Présidentiel, le Palais du Congrès (où il faut jeter un œil à la curieuse horloge qui donne l’heure à l’envers) et la Cathédrale de la Paz. En son centre trône la statue de Pedro Domingo Murillo, leader de la révolution contre les espagnols.

Ce qui nous a charmé dans cette place, c’est que c’est un lieu de rencontre pour les habitants de La Paz. Un groupe de vieilles dames discutant sur le parvis de la cathédrale, des enfants qui nourrissent les pigeons, des marchands ambulants de glace ou de gélatine surmontée de chantilly (que l’on aura jamais goûté finalement), des photographes prêts à immortaliser des sourires contre quelques pièces,… Il y a ici une atmosphère bienheureuse.

Et nous avons eu la chance d’assister à la sortie d’une messe de bénédiction à la Cathédrale d’une équipe de football ! La folie des supporters était incroyable, entre orchestre, chants, et bimbos tenant un drapeau, une belle ambiance !

La vieille ville

La ruelle Juan est l’une des plus connues de La Paz, probablement à cause du temps qui semble s’y être arrêté depuis la colonisation espagnole. Ici, des pavés aux maisons colorées, cette ruelle piétonne dégage un certain charme, bien plus au calme que la cohue du centre de La Paz. Cette ruelle est également célèbre pour l’ensemble des musées qui y prennent place.

Eglise San Francisco

L’église San Francisco est un édifice central à La Paz, parfois considérée comme le plus beau bâtiment colonial de La Paz. La petite place qui la devance grouille à toute heure de la journée. Il est possible de s’y asseoir pour observer cette animation, prolongée par l’intense trafic automobile de l’Avenida Mariscal Santa Cruz.

La rue Sagarnaga et les autres rues qui l’entourent (en particulier la calle Linares) sont très prisées des voyageurs pour la densité de boutiques artisanales que l’on y retrouve. C’est l’occasion de faire le plein de souvenirs, les prix étant plus faibles qu’au Pérou. On a beaucoup aimé s’y promener et flâner à contempler les boutiques.

Le mystérieux « marché aux sorcières »

Non loin de la calle Linares, au bout de la calle Jimenez, se trouve le mystérieux marché aux sorcières. Tout le monde parle de ce marché, nous étions donc très curieux de le découvrir. Nous nous  attendions à une grande halle remplie de choses les plus incroyables les unes que les autres… Et donc nous sommes un peu restés sur notre faim lorsque nous avons compris qu’il ne s’agit, en fait, que de quelques boutiques dans la rue sur un rayon de 50 mètres. On y trouve bien sur des choses étranges comme des herbes, des coupelles d’offrandes contenant de la coca, du maïs, des confettis, des figurines représentant la prospérité, la mort, ainsi que des manuscrits avec des incantations… Le « clou du spectacle » : les fœtus séchés de lamas pendus à des crochets… La coutume voudrait que chaque famille en enterre un sous sa maison avant la construction pour porter bonheur… On ne va pas essayer ;)

Au marché de El Alto

Le dimanche, nous avons pris la direction de El Alto, sur les hauteurs de La Paz, en téléphérique. Après la capitale la plus haute du monde, bienvenu dans la ville (de plus de cent mille habitants) la plus haute du monde (4 149 m). Une fois de plus, le trajet et la vue depuis le téléphérique sont tops (attention au vertige toutefois). On passe notamment au dessus de l’incroyable cimetière de La Paz (dont on peut apercevoir les « blocs » hébergeant les nombreuses sépultures).

Le dimanche s’organise à El Alto « le plus grand marché de Bolivie » (nous n’avons pas vérifier la véracité de cette affirmation), dans lequel on peut vraiment acheter de tout ! En fait on trouve surtout beaucoup de pièces de voiture et de mécanique, mais aussi des vêtements, bref la liste est longue ;)

Un grand moment de « culture » : le Cholita Wrestling

Une des attractions « phares » de El Alto, après le bain de foule du marché, est d’aller assister à un combat de catch féminin : le Cholita Wrestling. Il ne s’agit pas de n’importe quels combats de catch, mais bien de l’unique arène ou combattent des Cholitas (femmes vêtues de costumes traditionnels). Un spectacle populaire qui a pour but de dénoncer les violences envers les femmes et de leur redonner courage et fierté. Nous étions partis dans l’optique d’une expérience originale et rigolote (enfin surtout Julien), mais honnêtement, nous sommes partis au bout de 30 minutes tellement nous avons trouvé cela pathétique. Bien que la cause nous parait louable, cela semble juste être une mise en scène pour attirer les touristes. Après, si vous aimez le catch (avec un scénario bien exagéré et ridicule), ne vous privez pas !

A la sortie du spectacle, sur une place, nous avons assisté à une petite représentation de musique et de danse traditionnelle, ce qui était pour nous beaucoup plus intéressant !

Comment se déplacer à La Paz

Avec ses rues très pentues, visiter La Paz à pied est très fatiguant. Heureusement, ils ont pensé à tout : bus (1,5 bob), mini-bus (2 bob), téléphérique (3 bob) ou encore taxi (à partir de 10 bob). Il est finalement facile de se déplacer dans La Paz. Attention, facile ne veut pas dire rapide car les embouteillages sont hyper fréquents à La Paz.

La Paz compte actuellement 3 lignes de téléphériques (rouge, jaune et bleu) qui permettent d’accéder notamment aux quartiers en hauteur et aux quartiers Sud. Le tout assez rapidement et sans embouteillage. 6 nouvelles lignes devraient bientôt voir le jour.

En ce qui concerne les bus et mini-bus, il suffit de regarder les panneaux sur leur pare-prise pour connaître leur direction. Ils sont très pratiques sur de petites distances.

La Paz : une capitale déconcertante

Comme nous le disions en introduction, La Paz est une ville vraiment déconcertante. Elle ne présente pas d’attractions majeures comme bénéficient beaucoup d’autres capitales du monde. Mais ce qui fait son principal atout c’est son authenticité. Pour autant, nous ne nous verrions pas vivre ici ! En fait, nous étions même contents de prendre le bus en direction du lac Titicaca et du Pérou !

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