Cayo Coco, un petit paradis ?

Cayo Coco, un petit paradis ?

Ce n’est pas trop notre « truc » que de rester des heures durant à rougir comme des homards sur la plage. Pourtant, en cette fin de voyage, l’idée de se prélasser, au bord d’une mer turquoise, avec pourquoi pas un cocktail à la main, nous faisait bien plaisir. Surtout, nous avions envie de rester quelques jours à ne rien faire.

Cela tombait bien, car le long de la côte nord de Cuba, au sein de l’archipel Sabana-Camagüey se trouve une succession d’îles (appelées caye ou « cayo ») proposant sable blanc, coraux et eaux turquoises :) Des stations balnéaires se sont développées sur ces îles. Depuis Trinidad, nous sommes allés à Cayo Coco, l’une des plus populaires de Cuba.

Mais comme pour ses voisines Varadero, Cayo Guillermo ou Cayo Levisa, les apparences enchanteresses cachent une triste réalité : ces îles ne comportent que de vastes complexes touristiques, qui sont de surcroît interdites d’accès aux cubains (hormis ceux hormis qui font partie du staff des hôtels bien sûr). Historiquement, c’était pour éviter aux cubains de profiter de la proximité des cayos avec les Etats-Unis pour se faire la malle…

Nous n’avions pas vraiment conscience de cela lorsque nous sommes arrivés à Cuba. Nous n’avions rien préparé, et l’absence d’internet « courant » ne nous a pas permis de bien nous renseigner. Petit récit de notre séjour.

Cette partie du voyage a été effectuée en mai 2018

L’arrivée à Cayo Coco : tout d’abord passer le checkpoint

L’île de Cayo Coco est reliée par une route qui comporte un péage : c’est en fait un vrai « checkpoint » permettant de controler l’accès à l’île. Seuls passent les touristes et les locaux allant travailler dans les resorts de l’île. Petit malaise à la guérite.

Les hôtels sont concentrés dans le nord de l’île. Le reste est couvert de mangrove et donc difficile d’accès. Enfin, cela n’a pas empêché la construction d’un aéroport international… Notre collectivo fait le tour des différents hôtels afin de déposer nos compagnons de voyage. Arrivés au nôtre, on se rend compte qu’il n’y a pas grand monde. Et on apprend qu’une partie du complexe est fermé car la tempête Irma de septembre 2017 a fait des ravages. Un des éléments que nous aurions aimé savoir lors de notre réservation…

2 jours dans un « all inclusive »

Puisqu’il n’existe pas d’autres structures d’accueil que des hôtels « tout inclus », nous savions d’avance ce qui nous attendait : de grands complexes avec piscine, et une formule « pension complète » qui correspondait au but recherché : ne rien faire (et donc ne pas préparer à manger, ce qui de toute façon à Cuba n’est pas vraiment réaliste en tant que touriste).

La plage a bien tenu ses promesses : eaux turquoises magnifiques, sable blanc, grand soleil. Elise a trouvé l’eau un peu froide (plus que dans le sud). Par contre il est vrai qu’on peut voir le passage de la tempête Irma, qui a bien ratiboisé les palmiers ; ainsi que des structures encore détruites…

Dans l’hôtel, peu de monde, beaucoup de Canadiens. Une Canadienne nous explique qu’elle vient ici depuis… 14 ans ! D’ailleurs la « pension complète » semble taillée pour les touristes à culture américaine : pancakes, sirop d’érable, mayonnaise et sodas.

Toute la journée, nous avons le droit à de la musique latino commerciale au beat reggaeton si « typique » : boum ta-ka tss ta boum ta-ka tss ta… Nous préférons aller nous promener sur la plage plutôt que de rester autour de la piscine. Une scène – anecdotique ? – nous fait lever les yeux au ciel : une gamine de 5 ans dansant façon « twerk » (cette danse où l’on bouge ses fesses de façon très suggestive…) tandis que ses parents l’encouragent depuis le bar de la piscine.

En conclusion…

Évidemment on ne vient pas ici pour le partage et l’authenticité, nous le savions. Nous espérions toutefois une expérience un peu plus respectueuse des cubains et de la nature. Cette expérience confirme qu’on n’aime définitivement pas ce type de tourisme… Nous ne le referons pas. Après, si vous recherchez la tranquillité, le repos, et que l’idée de débourser l’équivalent d’un salaire mensuel cubain (25-30 CUC) pour une nuit ne vous empêche pas de dormir, pourquoi pas. On se posait d’ailleurs la question : dans cette société communiste où la propriété n’existe pas, ou l’état contrôle tout (vente de cigares, d’alcool…) : à qui reviennent les bénéfices de cette industrie touristique ?

Nous continuons néanmoins notre aventure en direction de la baie des cochons à Playa Larga.

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