Les villes coloniales de Bolivie : Potosi & Sucre

Les villes coloniales de Bolivie : Potosi & Sucre

Cette partie du voyage a été réalisé en avril 2018

Le passage par Sucre et Potosi est l’étape indispensable pour comprendre l’histoire coloniale de la Bolivie. Ces deux villes ont en effet largement contribué au rayonnement de l’Espagne durant « le Siècle d’or », entre le XVIème et le XVIIème siècle. L’exploitation des mines de Potosi a en grande partie permis la grandeur économique de l’Espagne.

Direction Potosi, la ville la plus haute du monde !

En arrivant à Uyuni, le retour à la réalité après 4 jours passés dans le désert nous semble triste : rues sales, maisons délabrées… Elise a le sentiment d’être revenu en Asie (ce qui provoque chez elle une réaction assez épidermique suite à l’épisode Vietnam…). Nous décidons donc de prendre directement un bus pour Potosi, ville qui culmine à 4000 mètres d’altitude !

En bus pour une nouvelle expédition

4h de route nous attendent. Nous pensions avoir une assez bonne expérience des voyages en bus, mais ce premier trajet de bus en Bolivie a lui aussi amené son lot de surprises ! Car une fois la vente des sièges finie, le bus continue de se remplir (selon un système étrange, est-ce que les gens payent ?), avec de nombreuses personnes portant des marchandises debout dans l’allée.

Pour une raison non expliquée, tout ce petit monde préfère s’agglutiner vers l’avant du bus, justement où nous nous trouvons (Elise avait pris les places les plus devant, pour raisons de vomito). Nous nous retrouvons donc entouré d’un groupe de mama / grand mama assez… envahissantes ;)

Elise se retrouve avec une maman et son petit de 2 ans entre les jambes, qui finalement se retrouve assez rapidement sur ses genoux. Julien de son côté se transforme peu à peu en porte-marchandises… Des sacs sont posés sur le haut de son dossier (et son épaule), voir parfois posés directement sur ses genoux. Quel spectacle que ces femmes, habillées en costume traditionnel avec chapeau, assises dans la rangée avec leurs marchandises enroulées autour des épaules, se passer des graines à picorer dans leurs chapeaux… Quand elles étaient debout et riaient aux éclats, Julien ramassait quelques postillons ;)

2h comme cela, puis les gens ont petit à petit quitté le bus. C’est de nuit que nous sommes arrivés au Terminal de bus de Potosi. On s’attendait à autre chose pour une ville perchée à 4000 mètres d’altitude ! Quelle pollution ! Quelle agitation ! Les minibus crachent une fumée épaisse qui nous prends aux poumons (en plus de l’altitude). Nous sommes quand mêmes remonté à pied vers notre auberge, chargés comme des baudets avec nos sacs et nos bouteilles d’eau de 5L (vestiges de notre expédition à travers le désert)…

La ville et sa mine

Potosi vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». C’est l’une des villes les plus hautes du monde : 4090 mètres d’altitude ! Elle a été fondé en 1545 par les colons espagnols pour exploiter la mine d’argent de la montagne « Cerro Rico » (montagne riche) qui domine la ville (source : Wikipedia). Les mineurs étaient des esclaves indiens et africains. Entre 1545 et 1825 (date de l’indépendance de la Bolivie), on estime que 8 millions de mineurs sont morts dans cette montagne par manque d’oxygène ou à cause des éboulements. 8 millions ! Près de 80 morts par jours pendant 280 ans !

Cette mine a rempli les caisses de la couronne espagnole pendant toute cette période que l’on appelle le « siècle d’or espagnole ». La légende dit d’ailleurs que la quantité d’argent extraite suffirait à construire un pont traversant l’Atlantique jusqu’à l’Espagne. Depuis la mine est la principale « attraction touristique » de la ville. L’argent est quasiment épuisé mais des milliers de mineurs continuent à exploiter d’autres minéraux tel que le zinc. Les mineurs travaillent pour leur propre compte, ils sont organisés en coopérative.

C’est « l’attraction » principale ici. Nous invitons les possesseurs du guide du routard à lire le petit paragraphe dédié à cette activité, il est assez évocateur… Éthiquement parlant, ce « commerce de la misère » est dur à défendre : arpenter la mine à la rencontre d’hommes trimant dans des conditions dantesques, en leur apportant des petites « offrandes » (bouteilles d’alcool, cigarettes, etc). Titillé par la curiosité mais gêné aux entournures, c’est en fait l’aspect « sécurité » qui a mis un point final à la question (le site est dangereux).

La vieille ville (en haut) fait partie de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, et sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2014, notamment en raison de la dégradation potentielle du site par les opérations minières et de la relative incapacité à mettre en œuvre la législation protectrice.

Mauvais timing…

Nous ne sommes restés que 24h, et – hasard du calendrier -, la veille de Pâques (vendredi Saint). Tout était donc fermé dans la ville, y compris la Maison de la Monnaie que nous voulions visiter. Notre aperçu de la ville s’est donc limité aux aspects extérieurs. N’étant pas forcément fan des grandes manifestations religieuses, nous ne sommes pas non plus resté pour les parades du WE…

On a de plus eu des conditions météo pas top : froid et humide, on a même eu de la grêle, ce qui a émerveillé les enfants dans la rue !

Nous avons tout de même profité d’un repas typique de Bolivie (soupe de quinoa et hamburgeras) avant de reprendre la route pour Sucre avec, comme promesse, une ville plus douce…

Sucre, douce ville…

La route entre Potosi et Sucre est magnifique ! Des montagnes de toutes les couleurs à perte de vue, des plaines vertes, et des neiges récentes comme saupoudrées sur le haut des monts ! Avec une météo « mixte », le contraste entre le ciel gris menaçant et les paysages était magique. Décidément, la Bolivie offre des paysages incroyables !

Encore une arrivée de nuit, et petite déception sur l’hôtel réservé… Chambre humide, cuisine microscopique et douche chaude au petit bonheur la chance. Nous avons vite décidé de ne rester qu’une nuit, et de nous rabattre sur un Airbnb partagé à trois (avec Caroline qui nous accompagne depuis San Pedro de Atacama au Chili).

Sucre est la capitale administrative de la Bolivie (et non La Paz ! Maintenant vous serez imbattable au Trivial Poursuit ;) ). Celle que l’on surnomme la “ville blanche” a été déclarée Patrimoine Culturel de l’Humanité par l’Unesco. Ce joyau d’art baroque et de la Renaissance est considéré comme la plus belle ville de Bolivie.

Nous avons décidé de passer quelques jours ici et profiter de cette ville qui a la réputation d’être douce. La météo n’étant pas de notre côté, nous n’avons pas fait de treks aux alentours. Ici aussi, la circulation est assez pénible… Et pour couronner le tout, Julien est tombé malade !

C’était donc « repos pour tout le monde » dans notre Airbnb qui était très humide et froid, ce qui n’a rien arrangé. Mais au moins nous avions une vraie cuisine pour cuisiner et ça c’est vraiment sympa.

Les douches en Bolivie

Les douches en Bolivie n’ont souvent qu’un seul bouton à tourner : pas de réglage chaud / froid ! La sélection de la température est une affaire… de débit. Car l’eau est chauffée grâce à une résistance intégrée dans la tête de douche, une sorte de grosse boule blanche alimentée par du courant.

Donc plus on ouvre l’eau, plus l’eau coule vite et moins elle a le temps de chauffer car pas de contact avec la résistance. Donc pour avoir de l’eau chaude, il faut ouvrir doucement le robinet ! Cela parait simple et évident non ? Il nous a fallu deux douches froides pour comprendre…

Découverte de la ville

Nous sommes restés en tout 3 jours et 4 nuits à Sucre. Nous avons ainsi pu visiter la Plaza 25 de Mayo, qui est bien évidemment un incontournable et certainement le premier lieux à découvrir à Sucre. C’est la place principale de la ville sur laquelle se trouve un petit parc, ombragé et très animé de jour comme de nuit.

Également incontournable, la Cathédrale de Sucre. Un immense bâtiment blanc, très imposant. Nous n’avons jamais pu la visiter car les horaires sont « fluctuants » et calés sur l’heure bolivienne…

La Casa de la Libertad, sur un autre coté de la place principale, permet de découvrir (pour 15 bob par personne) l’histoire de la ville et du pays.

Plus loin se trouve le Parc Simon Bolivar. Situé à l’Ouest de la ville, c’est l’un des plus grands parcs de Sucre, après le cimetière principal. Dans le parc, une représentation assez modeste de la Tour Eiffel… orange ! Tout en bas du parc, une immense fontaine mais éteinte lors de notre passage… Enfin, sur l’un des cotés du parc, un food court (que nous n’avons pas testé) et un parc pour enfants sur le thème des dinosaures… Petite particularité : la réception des toboggans se fait dans de gros tas de cailloux… Original ! Julien l’a testé, tel le grand enfant qu’il est :)

Nous avons également visité le marché central et ses étalages incroyables de fruits, de légumes et de pommes de terre ! Ici, les jus de fruits frais sont pressés devant vous par les mamas en haut de leur stand ! Au 1er étage c’est la comida popular, avec de nombreux petits stands qui vendent tous les mêmes choses, aux mêmes prix. Nous ne nous sommes pas risqué !

Entre temps : petit passage chez le coiffeur pour Ju (ce n’était pas du luxe) et surtout déjeuner dans un très chouette restaurant français tenu par un français en Bolivie depuis 19 ans (le P’tit Parisien). Au menu : rillettes de lapin, raclette, vin local, crêpe sucre citron et café ! On était en délire devant la carte ! Un régal et ces mets nous ont vraiment fait du bien moralement. La France nous manque de plus en plus…

D’autres endroits (non visités) qui semblent sympathiques

Le marché du dimanche, autour de Sucré

Si le cœur vous en dit, il y a un marché à Tarabuco le dimanche. Connu pour être un marché artisanal et non touristique. Il faut environ 1h en mini-van pour y aller. Le marché est parait-il sympa dans un tout petit village, avec énormément de locaux qui viennent s’approvisionner en nourriture. Mais comme souvent, il est difficile de savoir si les produits proposés comme « artisanal local » ne sont pas produits en Chine en grande quantités…

Le mirador de la Ricoleta

Ce Mirador surplombe la ville avec son passage entièrement en arches, et offre une vue splendide lors du coucher de soleil.

Les alentours de la ville

Nous voulions faire un trek pour aller voir les alentours de Sucre, notamment pour aller découvrir des traces de dinosaures, mais vu les prévisions météo, nous avons préféré nous diriger directement vers le Parc National de Toro Toro plus au Nord, en passant par Cochabamba.

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