En route pour le Sud Lipez et le mythique Salar d’Uyuni en Bolivie !

En route pour le Sud Lipez et le mythique Salar d’Uyuni en Bolivie !

Après avoir bien arpenté le désert de l’Atacama au Chili, nous nous sommes interrogés sur la meilleure option pour rejoindre la Bolivie depuis San Pedro de Atacama, et ainsi pouvoir découvrir, en excursion, le Sud Lipez et le salar de Uyuni :

  • La plupart des excursions débutent à Uyuni. Pratique lorsque l’on vient de Bolivie ou que l’on suit globalement un axe « Nord Sud ». Depuis le Chili, cela implique de rallier Uyuni via Calama (à 1h30 de San Pedro de Atacama).
  • De plus en plus il est recommandé de partir non pas d’Uyuni, mais de Tupiza (en Bolivie). Cela ajoute une journée d’expédition, pour descendre encore plus loin dans le Sud Lipez. Lorsqu’on vient du Sud, cela implique de rajouter à l’option précédente un trajet Uyuni – Tupiza, soit une journée entière de bus depuis San Pedro de Atacama.
  • Enfin, on peut s’éviter tous ces trajets en bus en partant directement depuis San Pedro de Atacama. On traite alors avec les agences Chiliennes, mais qui en vérité passent toutes par des agences / contacts Boliviens. On part de San Pedro de Atacama, on passe la frontière et on remonte via le Sud Lipez pour finir à Uyuni.

Par facilité nous avons choisi la dernière option (nous vous expliquons tout cela à la fin de l’article ;) ).

Ça bloque dans le salar

Quelques jours avant notre arrivée à San Pedro de Atacama, une rumeur diffuse se fait de plus en plus entendre : les excursions dans le salar sont bloquées en raison de manifestations côté Bolivien. Tout le monde s’accordait à le dire, mais personne ne s’entendait sur les détails… Nous sommes donc parti à la pêche aux informations lors de notre séjour à San Pedro de Atacama.

Évidemment, personne n’avait le même son de cloche ! ! 1ère agence : « non il n’y a aucun problèmes ». 2ème agence : « il y a eu des problèmes, mais maintenant c’est bon ». Une troisième : « oui il y a des problèmes, mais dans 2 jours ça ira ». Une dernière, pour la route : « toutes les autres agences vous disant que les excursions partent cherchent à vous vendre une place au mépris de votre sécurité. Nous par contre on assure votre sécurité… »

C’est un français tenant une auberge de jeunesse qui nous a expliqué : les boliviens protestent sur fond de tensions touristiques. Une voiture (et ses occupants) a été immobilisée 16 heures… Les agences Chiliennes ont reçu « ordre » de ne plus partir, mais certains le font quand même, en espérant passer au travers des barrages. « Mais ne vous inquiétez pas, ils ne sont pas méchants les boliviens » ;D

Au final, au moment de partir, les « problèmes » semblaient être réglés. On est quand même parti en espérant que tout se passerait bien…

A travers l’altiplano du Sud Lipez

Une frontière au milieu de nulle part

Notre première journée d’expédition commence par un transfert entre San Pedro de Atacama et la frontière entre le Chili et la Bolivie, qui ne se trouve qu’à 30 minutes de minibus. Située sur un plateau à 4000m d’altitude, seul un hangar qu’il faut traverser matérialise la frontière du côté Chilien. Après 5 minutes de traversée d’un no man’s land entre les deux pays, on arrive à une petite bicoque qui ne paye pas de mine, c’est l’office pour la frontière de la Bolivie !

Peu à peu les 4×4 viennent rejoindre les minibus garés à côté sur le « parking » proche de l’office. UN fois les passagers et les bagages sont débarqués, un petit-dèj est servi, puis nous constituons nos groupes pour les 3 jours à venir.

Le manager de l’agence avait apparemment déjà déterminé la constitution des groupes, mais comme nous avions déjà sympathisé dans le bus avec 3 autres personnes, nous avons réussi à monter tous ensembles dans notre 4×4 : 3 français, 2 allemands et 1 italienne pour ce road trip ! Les sacs sont chargés sur le toit, protégés par une bâche. Nous faisons connaissance avec notre chauffeur : Sandro Dominguez.

Dernière formalité avant de continuer : nous payons un droit d’entrée de 150 BOL pour accéder à la Réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa. Nous voilà partis vers la première étape : la Laguna Blanca.

Des lagunes incroyables

Nous roulons sur du sable pour accéder à la Laguna Blanca. Comme son nom l’indique, c’est un lac presque blanc, en tout cas entouré de blanc. Comme il n’y a pas de vent, les montagnes se reflètent à la perfection dans l’eau. Nous sommes déjà soufflés, et ça met déjà la barre haute sur les 3 jours à venir ! Il n’y a pas un chat aux alentours (sauf 2 autres 4×4 en excursions également), c’est la nature totale…

On poursuit notre route vers la Laguna Verde, où le vent souffle un peu plus fort. Conséquence, le lac n’est pas si « verde » que ça… Mais progressivement, à mesure que le soleil tape et que le vent tombe, la lagune change de couleurs toutes les 30 secondes passant du vert foncé au turquoise.

On enchaîne ensuite avec le désert dit de « Dalí », un paysage désertique qui doit son nom au célèbre peintre, car il ressemble étrangement à des peintures qu’il aurait effectué pour représenter certains de ses rêves, sans qu’il n’ait connaissance de l’existence de ce lieu.

Dernier arrêt de la matinée : Las Aguas Termales de Polques, autrement dit, une piscine d’eau chaude naturelle ! Nous faisons trempette en attendant que notre déjeuner se prépare. Il y a deux bassins, avec un plus chaud que l’autre. C’est assez rare de pouvoir se plonger dans un bain d’eau chaude entouré par un tel décor, si haut et avec la lagune en arrière plan !

La pause déjeuner se fera avec pleiiiiiins d’autres groupes. Repas pas exceptionnel : poulet, purée de pomme de terre et salade de tomate et concombre. Le tout arrosé de… Coca Cola ! Très diététique tout ça… :)

On redémarre l’après-midi avec la visite des geysers de Sol de Manana. On retrouve une géothermie similaire à celle des geysers du Tatio au Chili, mais dans un cadre tout à fait naturel, sans aucune infrastructure (mais de nombreuses Jeep). Si le site est vraiment chouette, l’endroit est quand même un peu dangereux dans le sens où rien n’est vraiment sécurisé sur ce site très vallonné où la moindre chute ou glissade peut-être dramatique (tombez dans de l’eau à 100° et vous ne ressortirez pas le même… si vous avez la chance d’en ressortir). D’ailleurs il y a eu un accident récemment avec une belge qui malheureusement ne s’en est pas sortie.

Puis nous avons fini la journée avec la spectaculaire Laguna Colorada. Comme nous sommes en fin de journée et avec du vent, la lagune prend des tons roses, accentués par les centaines de flamants roses dessus ! Un moment magique encore une fois. Par contre, rappel que la nature est implacable ici, on peut voir de nombreux bébés flamants roses morts sur le bord de la lagune…

Autant dire que cette première journée fut magnifique, nous comprenons désormais mieux l’engouement pour le Sud Lipez ! C’est avec des images plein les yeux que nous arrivons à notre auberge pour passer la nuit. Située à Villa Mar, à 4000m d’altitude, nous sommes agréablement surpris car nous nous attendions à un refuge sans trop de confort. Notre petite équipe prend place dans la même chambre, et nous pouvons même prendre une douche chaude pour 10 BOL. Le grand luxe !

Une fois de plus, le repas ne nous a pas plus enchanté que cela (des spaghettis à la sauce tomate) et la nuit a été vraiment très froide, rythmée par les ronflements de nos colocataires. C’est donc avec des yeux cernés que nous nous sommes levés le lendemain ;)

Un plateau aux paysages incroyablement variés

Pour notre deuxième journée d’expédition, nous commençons par aller voir la Coupe du Monde ! Enfin, plutôt son sosie… Il s’agit d’une formation rocheuse ressemblant à la coupe du monde. Un peu plus loin, c’est un rocher en forme de chameau qui s’offre à nous. Nous pouvons monter dessus pour la photo mais c’est plutôt haut et casse figure donc on laisse tomber.

On enchaîne avec le stop suivant : la Laguna Vinto. Encore une fois, c’est magnifique, il y a des flamants roses et surtout des dizaines près du lac. Le plus drôle était de tomber sur des lamas en pleine séance de… reproduction ! La nature est très instructive :)

Deuxième arrêt très chouette, la Laguna Negra. Pour une fois (et la seule fois même), notre chauffeur décide de descendre de la voiture pour nous y accompagner ! La petite marche pour y arriver est très chouette. Puis on grimpe sur quelques rochers pour arriver en hauteur et avoir une vue superbe sur une petite lagune avec des montagnes rocheuses en arrière plan, c’est splendide. On observe un bon moment la faune locale au loin dans le calme total. Malheureusement, notre chauffeur ne nous laisse pas trop le choix, il faut retourner au véhicule. Pas de temps supplémentaire pour continuer la promenade, nous devons aller manger, il est 11h30…

Après le déjeuner (encore moyen celui-là, décidément), on se dirige vers le Canyon de l’Anaconda. Elise ne se sent pas vraiment d’aller se mettre sur un rocher au bord du vide ! Mais la vue sur une rivière en contrebas est magnifique, il faut l’avouer. En chemin, nous sommes entourés de champs de quinoa aux couleurs jaune / rouge, selon leur degré de croissance.

Puis nous reprenons la route vers San Cristobal pour un rapide arrêt. En regardant notre programme, nous nous rendons compte qu’on « zappe » certains arrêts. Nous ne comprenons pas trop pourquoi mais notre chauffeur nous dit qu’il n’y a rien d’intéressant. Il s’agissait de cascades et d’un village typique. Cela nous donne l’impression que notre chauffeur « veut en finir » et filer vers Uyuni. Nous reprenons donc la route avec un peu d’amertume. Cette route n’a franchement rien d’intéressant, et nous passons une bonne partie de l’après-midi à rallier Uyuni pour rejoindre notre hostel.

Pour cette deuxième nuit, nous sommes hébergés dans un « salt hostel ». Spécialité du salar, ces auberges « de sel » sont en fait construites avec le sel du salar, naturellement compacté puis découpé en forme de briques. Normalement isolées dans le salar, notre auberge se situe en fait juste à l’entrée, à 15 minutes d’Uyuni. Douche payante pour 10 BOL encore une fois mais au moins l’endroit semble mieux isolé du froid que la veille.

Nous étions un peu déçus de l’après-midi et de l’attitude de notre chauffeur mais il s’est bien rattrapé en nous proposant d’aller voir le coucher du soleil sur le salar de Uyuni ! Un moment unique et incroyable, les pieds dans l’eau glacée, à savourer une petite bière !

Le dernier diner était bien meilleur que les repas précédents et nous avons eu le droit à une bouteille de vin rouge bolivien pour l’agrémenter (Youhou ! !). Nous sommes donc allés nous coucher apaisés et avec de jolies images en tête. Fort heureusement nous avons eu bien moins froid cette nuit là, d’autant plus que nous devions nous lever à 5h pour aller voir le levé du soleil sur le salar de Uyuni !

En raison des pluies sur le salar, nous ne pouvions nous arrêter, comme il était prévu, dans un hostel de sel situé à coté du salar (vers l’Ouest). La présence de 30 cm d’eau rendait le trajet impossible. Nous avons donc dormi à côté de Uyuni. De ce fait, nous ne sommes pas allés voir la Isla Incahuasi (la fameuse île aux cactus).

Un final au salar d’Uyuni !

3ème et dernier jour de notre périple, le réveil pique une peu puisqu’il est 4h30, mais c’est pour la bonne cause, le lever de soleil sur le salar, ça se mérite ! Nous sommes tous prêts à 5h30 comme demandé par notre chauffeur mais celui-ci n’arrive pas… Lentement, la nuit s’estompe et nous voyons les premières lueurs du jour apparaitre, un peu dépités. Finalement il arrivera à 6h, en nous disant qu’il y a eu un accident sur la route… On lui laisse le bénéfice du doute.

Nous partons donc en direction du salar, accompagnés par toutes les autres Jeep des autres agences. Heureusement, l’endroit est vaste et nous trouverons un petit coin isolé.

La veille, nous nous étions gelés les pieds en claquettes dans l’eau… Du coup ce matin, nous avons tous décidé de garder nos chaussures et de les protéger avec des sacs plastiques… Il fait -10°, hors de question de se tremper les pieds…

Finalement, nous n’arrivons pas si en retard que cela pour voir le soleil se lever au loin. Le spectacle est saisissant (le froid aussi), les couleurs sont incroyables, nous sommes heureux d’être là et nous nous sentons privilégiés. Un moment hors du temps.

Puis une fois le soleil levé, nous allons petit déjeuner dans un (autre) hôtel de sel sur le salar. Là nous retrouvons des dizaines et des dizaines d’autres 4×4. Une fois le petit dèj englouti, nous partons faire des photos, l’espace du salar permettant de jouer avec les perspectives. D’abord au sec, puis dans une zone légèrement inondée pour faire effet miroir. Nous avons les pieds trempés, mais nous nous sommes bien amusés :)

En fin de matinée, il est temps de revenir dans le petit village pour manger. Grande surprise, ce sont des dizaines de 4×4 qui sont garées là. Il y a une petit marché, c’est donc hyper touristique. En fait ce sont les voitures qui partent en excursions depuis Uyuni qui font leur premier stop ici.

Après le déjeuner (du quinoa et du lama trop cuit), nous partons pour l’ultime étape de notre excursion, le cimetière de locomotives d’Uyuni. L’endroit est très spécial, julien s’y amuse beaucoup. Ce qui est dommage ce sont tous les déchets qui sont autour.

Nous finissons cette 3eme journée vers 14h30, à l’agence pour mettre des recommandations au mur. Comme nous ne sommes pas vraiment satisfaits de notre chauffeur et de l’agence nous nous abstenons. Mais clairement les paysages valent le coup de faire cette excursion ! ! !

Puis nous avons pris directement un bus pour Potosi, n’étant pas du tout charmé par Uyuni, ville sale et très pauvre.

Clairement, cette région est incroyable et nous la recommandons vraiment. Néanmoins, le choix de l’agence est vraiment important pour une bonne expérience ;)

Comment trouver une bonne agence à San Pedro de Atacama

La difficulté majeure à San Pedro de Atacama était de trouver une « bonne » agence. Difficile vu le nombre… Il faut y aller « au feeling ». Au final, nous avons suivi les conseils d’un français qui tient une auberge de jeunesse, et qui avait travaillé avec plusieurs agences. Après beaucoup d’hésitations, nous sommes passés par White and Green. Deux autres agences nous ont été recommandées : Estrella del Sur étant la plus « côtée » (et donc la plus chère), Flamingo étant une agence française (mais sur laquelle les avis sont partagés).

Après négociation nous avons payé 95 000 pesos chiliens par personne (au départ le tarif était de 115 000 pesos chiliens), mais ne cherchez pas forcément à obtenir le budget le plus faible, vous risqueriez de le regretter lors de votre excursion !

Il faut garder en tête que seules quelques grosses agences travaillent avec leurs propres équipages, et que les équipages seront forcément tous) boliviens. De ce fait, chaque « guide » peut travailler pour plusieurs agences. C’est donc un peu la loterie pour les guides ! Les parcours sont globalement les mêmes, c’est simplement les hébergements / repas qui vont changer.

Concernant les parcours, il semble y avoir deux grosses options : le haut Lipez (lagunes d’altitude) et le bas Lipez (l’option que nous avons suivi). Ensuite, la plupart des tours remontent vers Uyuni, d’où partent la plupart des voitures pour le salar. Enfin, le salar (qui est un lac) peut être plus ou moins rempli d’eau en fonction des saisons et des pluies. Les itinéraires varient en fonction !

Il faut bien sûr se faire confirmer tous les aspects de l’excursion, ce qui est inclus / ce qui ne l’est pas, la qualité de l’endroit où l’on dort (couverture, sac de couchage ?), les menus inclus, si la voiture est bien entretenue, si le chauffeur ne boit pas d’alcool (chose très fréquente en Bolivie, il faut le savoir)…

Bref, une belle prise de tête, avec le sentiment parfois d’être le dindon de la farce…

 

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