Le Canyon de Colca

Le Canyon de Colca

Après la visite de Arequipa, nous explorons les alentours avec le canyon de Colca.

Celui-ci, profond de 3400 m, était autrefois considéré comme le canyon le plus profond du monde. Ce titre est désormais attribué à un canyon voisin, celui de Cotahuasi, profond de 3535 m. Ce canyon de Colca propose notamment un mirador naturel (Cruz del Condor) d’où l’on peut observer des condors. L’activité touristique principale consiste en un trek aller-retour du haut du canyon vers le village de Sangalle, au fond du canyon, aussi surnommé « l’oasis ».

Nous avons opté pour une autre approche, on vous explique pourquoi…

Cette partie du voyage a été réalisée en Avril 2018

Encore la crainte de la route…

Les routes du Pérou, comme celles de Bolivie, sont très dangereuses. Et quand on ajoute à cela la conduite déplorable des locaux, le résultat est dramatique. En janvier 2018 au Nord de Lima, un bus de touristes est tombé dan un ravins : 52 morts. Rebelote en février, 42 morts. C’est effrayant…

Lors de notre tour des agences en vue de préparer une excursion dans le Canyon de la Colca, un kiosk à journaux attire notre attention. En « Une » : deux accidents de bus survenus l’un après l’autre, deux jours auparavant. L’un des deux était un minibus transportant 12 touristes allemands, vers le Canyon de Colca justement, faisant 2 morts lors d’une chute dans un ravin.

Or, il se trouve que la plupart des agences propose le même programme : partir à 3h du matin et faire la route de nuit pour être à 9h en haut du Canyon à Cabanaconde. La suite du programme consiste à descendre au fond du Canyon, dormir dans « l’oasis » de Sangalle, et repartir le lendemain dès 5h car il y a 3h de montée, pour enfin reprendre un bus retour vers Arequipa en faisant quelques haltes dont une à des bains thermaux. Le tout pour 110 sol ou moins en négociant. Possibilité de le faire en 3 jours aussi.

La sécurité du transport étant notre priorité, nous sommes partis sur un « tour » qui évitait de rouler de nuit, et qui coûtait aussi bien plus cher. Cette visite n’impliquait pas la randonnée dans le Canyon, mais uniquement de rester « en haut ». Nous avons choisi l’agence Colca Trek, mais n’estimons pas au final que la prestation soit à la hauteur du prix demandé. Seul notre guide était vraiment au top.

Sur la route vers le Canyon de Colca

Départ 7h30 en minivan, direction le Canyon de Colca via la réserve nationale Salinas y Aguada Blanca, avec au passage de nombreux points de vue sur les volcans. Le guide était bon, ce qui n’est pas de coutume et nous en étions bien contents. Le long de la route, nous rencontrons de nombreuses vigognes venant parfaire les vues grandioses…

Dommage cependant de voir des centaines de déchets le long de la route… Que ce soit dans la zone péri-urbaine moche et polluée jusqu’au milieu de nulle part, à plus de 3000m d’altitude ! A notre grande surprise (positive), notre chauffeur et notre guide lors d’une pause photo ont ramassé des déchets se trouvant là (là, on ne peut que applaudir leur geste, étant de plus en plus horrifiés par les déchets qui trainent dans les endroits les plus improbables du Monde…).

Autres éléments marquants qui jonchent les bords des routes : de bien trop nombreuses croix en bois blanches, isolées lors des accidents de voiture ou en groupe lors des accidents de bus… Une vison glaçante qui nous rappelle aux réalités de l’insécurité routière.

La réserve nationale Salinas y Aguada Blanca

Notre guide nous emmène vers un impressionnant paysage lunaire constitué de forêts de roches. Un lieu étrange et époustouflant façonné à partir d’éruptions de volcans et lentement érodé au fil de milliers d’années.

Occasion également d’avoir une discussion forte intéressante avec notre guide sur le réchauffement climatique, le manque d’eau au Pérou (situation certainement similaire à celle de l’époque Inca où l’on sacrifiait des enfants pour implorer les volcans de cesser de jeter leur lave ou encore pour faire revenir la pluie…) ; mais aussi sur le rôle du gouvernement face à la pollution faite par les hommes et la non éducation des peuples pour les laisser dans l’ignorance…

Vigognes à « Pampa cañahuas »

Après une pause au thé de maté, nous reprenons la route vers Chivay. Nous nous arrêtons une nouvelle fois pour observer les vigognes le long d’une zone humide, probablement un endroit qu’on appelle « Pampas cañahuas » (mais on n’est pas trop sur !).

Mirador de los Andes

Le point culminant du trajet se situe au « mirador de los andes », parfois appelé Patapampa. Nous sommes ici à 4910m d’altitude. Nous croisons de multiples apachetas (des monticules de pierres entassées en forme conique destinées aux apus, les divinités des montagnes) ainsi qu’une multitude de cairns ornant la vue à 360° sur les nombreux volcans de la zone. Au milieu de toute cette rocaille, on trouve une plante ressemblant à de la mousse ou du lichen dont le vert des feuilles tranche avec le rouge de la pierre volcanique.

Puis la route devient sinueuse et se borde d’un ravin qui ne ravit pas Elise. En arrivant vers Chivay, le minivan s’arrête sur le lieu du crash du minibus des allemands… Les bandeaux de police jaunes et le sanctuaire éphémère improvisé par les locaux et les touristes viennent couronner cette pause impromptue décidément bien glauque…

Chivay, point de départ du Canyon de Colca

Chivay est la ville permettant de s’engouffrer dans la vallée du « Rio Colca » qui a formé le Canyon du même nom. Cette vallée est connue pour ses terrasses de culture construites pas les Incas il y a plusieurs siècles. Il y a 14 villages dans la vallée.

Etape au « lodge »

Nous avons dormi dans le lodge de l’agence, le Colca Trek Lodge, bien plus luxueux qu’espéré, avec feu de cheminée dans la salle commune.

Mirador de Cruz del Condor

Le lendemain, nous nous sommes levés à l’aube dans l’espoir d’observer les condors au Mirador de Cruz del Condor. L’idée d’arriver aussi tôt était aussi d’éviter les autres bus de touristes qui s’arrêtent au passage. Première approche peu fructueuse : les condors sont bien là, mais comme il y avait beaucoup de vent froid, ils n’étaient pas décidés à s’envoler.

Du coup nous sommes partis à vélo pour continuer la route jusque Cabanaconda. Une promenade de 40 minutes plus insolite que ludique, mais qui permet de voir le paysage à son rythme et non pas derrière la fenêtre du minivan.

De retour au mirador, les condors ont pris les airs ! Il n’étaient pas nombreux, mais quelle envergure ! Un est passé juste au dessus de nos têtes, c’était dingue ! Nous avons aussi pu voir des aigles.

Après 1h passée sur le site, nous reprenons le minivan à 10h30. Les paysages sont tellement beaux qu’on s’arrête de nouveau pour les contempler, bien qu’on soit passé exactement au même endroit la veille ! Nous nous arrêtons aussi sur un marché artisanal histoire de profiter d’un petit Colca Sour avant de rejoindre des bains thermaux où tous les touristes vont après avoir fait le trek du Canyon de la Colca. Moment sympathique et étonnant.

Retour à la réalité urbaine…

Le retour dans la pollution urbaine après ces deux journées de nature nous fait tout drôle. Le contraste est surprenant entre la vie d’apparence paisible du canyon, le centre historique propre et bien conservé d’Arequipa, et les alentours urbains tristement pauvres. Nous profitons toutefois de notre statut privilégié et continuons notre voyage en direction du littoral et ses dunes de sables à Ica et Paracas.

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