De Irkoutsk à Pékin à bord du transmongol

De Irkoutsk à Pékin à bord du transmongol

De Irkoutsk à Oulan-Bator

Il est 6h45, nous venons d’arriver à la gare d’Irkoutsk. Nous réglons notre taxi au prix local (200 roubles), une aubaine car le prix touriste peut monter à 1000 roubles et plus… Notre train est à 3h12 heure de Moscou, donc 8h12 heure locale.

Nous embarquons dans le train N°4, dit « transmongol » (nous on utilise le terme transmongolien mais c’est un anglicisme) car il effectue la liaison directe entre Moscou et Pékin via la Mongolie (7,621 km de trajet en 6 jours). Il existe deux services pour ce train : l’un assuré par les russes, l’autre par les chinois. C’est dans le chinois que nous sommes, et dès l’embarquement cela se ressent… Les « stewards » sont donc chinois et le sourire est loin d’être de rigueur. Seule question posée : « nationality ? ». Quand on répond « France », on a le droit à un grognement et un geste de la main qui veut dire « allez allez, embarquez ». Nice.

Pas de troisième classe dans ce train, nous sommes en deuxième avec un compartiment à 4 couchettes. Pas de climatisation, un seul WC pour tout le compartiment (qui pue toujours autant), les banquettes ont l’air vieilles. Ici les samovars fonctionnent à l’ancienne, au charbon ! Le ménage est fait à la va-vite, en poussant la poussière sur le coté.

C’est un américain qui sera notre colocataire. Très sympathique, il nous raconte qu’il a aussi quitté son travail et qu’il voyage depuis septembre dernier. A coté nous sommes encore des bébés voyageurs :) On n’a pas trouvé de russes dans notre wagon, uniquement des français, anglais, américains, bulgares, suèdes, et certainement d’autres nationalités encore.

Après une heure de trajet environ, premières vues sur le lac Baïkal, qui nous accompagnera durant 3 heures environ. Encore une fois on est impressionné par la clarté de l’eau, les couleurs, ces falaises au loin que nous finissons par ne plus voir tellement le lac est grand. Nous sommes tous accrochés à nos appareils photos et aux vitres de ce train vétuste, qui peuvent se baisser, laissant l’air frais s’engouffrer dans le couloir.

L’ambiance est vraiment différente de la 3eme classe du transsibérien. C’est plus calme (chacun dans son compartiment) et en même temps plus fatiguant. Il y a aussi plus de bruit avec les fenêtres ouvertes, notamment lorsqu’on croise un train en sens inverse. Pendant qu’Elise rédige les prémisses de quelques articles, Julien en profite pour dormir un peu, la nuit de la veille a été courte en effet, et ce n’est pas en Mongolie que l’on va se reposer !

Nous avons quitté Joana et Arthur hier soir, deux supers français rencontrés à Irkoutsk puis au Lac Baïkal, non sans une petite pointe au ventre. Eux finissaient leur tour du monde de 9 mois, tandis que nous nous commençons. Discuter avec eux des débuts et de leurs expériences était vraiment très chouette et constructif.

Les paysages mongols succèdent aux paysages Sibériens. De grandes étendues s’étalent devant nous tandis que le train crache une fumée noire, nous avons le sentiment d’être dans un Western (d’ailleurs notre compagnon de cabine nous indique que cela ressemble beaucoup au Colorado !).

A 20h, nous arrivons à la frontière. Le passage se fera en deux fois. D’abord le contrôle des autorités russes puis ensuite celui des mongoles. Il prendra près de 4h tout de même… Interdiction de descendre du train, interdiction de prendre de photos, deux femmes militaires russes sont sur le quai et nous réprimandent lorsqu’on sort trop la tête des wagons par la fenêtre. Les militaires inspectent chaque centimètre de notre compartiment, nos passeports sont vus et revus. La nuit tombe, les lampes torches s’allument, on ne fait pas les malins. C’est assez stressant. Finalement notre visa russe est tamponné pour la sortie, plus moyen de revenir en arrière !

Puis le train repart, il s’arrête 1 heure plus tard environ à nouveau pour le contrôle coté mongol. Là c’est une allée de militaire qui reste sur le quai pour guetter le train. On nous fait remplir des papiers, puis on nous prend nos passeports sans rien nous dire. Et là le train se met en marche ! Petit stress… On avance, puis on recule, puis ça recommence plusieurs fois, durant au moins une heure. Vers minuit, on nous redonne finalement nos passeports avec le tampon d’entrée sur le territoire mongol.

Puis deux petites femmes arrivent et proposent de changer les roubles russes en tugriks mongoliens. Nous sommes à moitié endormis, Julien, le cerveau à l’ouest, ne voit pas le truc venir et décide de changer nos roubles. Une fois le change fait, on commence seulement à tilter… On s’est fait enfler sur le taux. Avec le recul c’était pourtant évident… « Les voyages forment la jeunesse » dit-on ;)

Notre trajet finira à Oulan-Bator à 6h50. Ça y est nous sommes en Mongolie ! ! !

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De Oulan-Bator à Pekin

Après 7 jours d’immersion dans la vie des nomades, on se retrouve même heure (6h50), même endroit, et remontons dans le train. C’est toujours le train numéro 4, toujours le service chinois, mais avec des stewards un peu plus aimables semble t-il. On retrouve notre compartiment de 4 (pas le même !) mais désormais c’est un couple chinois d’une cinquantaine d’année avec qui nous cohabitons. Ça nous change. Pas de grandes agitations, aucune discussion, cela nous permet de rédiger nos articles en retard et faire nos sélections de photos :)

Nous quittons Oulan-Bator pour aller vers le sud, vers la Chine. Les paysages deviennent de plus en plus plats tout en restants verdoyants. Puis le vert cède la place au jaune. Les collines s’aplanissent pour finalement disparaitre. Devant nous désormais s’étend une vaste terre sablonneuse, parsemée de rares touffes d’herbes et de quelques yourtes et troupeaux. Nous sommes bien dans le désert de Gobi (mais on ne verra pas de chameaux). Aux passages à niveaux, pas de bitume. La température monte aussi, on est allongé sur nos banquettes, engourdis par la chaleur, tandis que le vent gonfle les pare-soleils du couloir. Notre voisin ronfle.

20h30, nous arrivons à la frontière. Il fait 33°, les ventilos font un bruit d’enfer, on a qu’une seule envie : une bière bien fraiche ! Sauf qu’on n’a pas de Yuan (chinois) et seulement 1000 tugriks (mongols, environ 30 cts d’euro), alors on se contente de thé qu’on laisse tiédir ;)

Le planning officiel indique 1h45 d’attente coté mongol, et 4h20 coté chinois. La largeur des rails n’étant pas identique entre les deux pays, il est nécessaire de changer les boggies des wagons ! Comme à notre entrée en Mongolie, nos passeports sont pris, puis le train fait des allers-retours incessants (avec accrochages / décrochages de wagons) avant qu’on nous rende nos passeports.

Le train repart, passe la frontière. A notre arrivée en gare coté chinois, musique de bienvenue et feu d’artifice…on ne sait pas trop si c’est pour nous accueillir ou juste une simple coïncidence :) En tout cas on se dit que c’est un signe de bienvenue ! Puis c’est au tour des autorités chinoises de prendre nos passeports.

Le train entre alors dans un hangar gigantesque pour le changement des roues. On nous rend nos passeports, et les wagons seront décrochés un à un, selon un processus bien établi : la loco pousse l’ensemble du convoi, un wagon est décroché, la loco repart avec le reste, puis ça recommence. A chaque mouvement, tout le convoi s’entrechoque. Ça remue dans les banquettes. Le tout accompagné d’un énorme coup de klaxon (1 coup pour la poussée, 2 coups pour la relâche, un autre son quand la loco repart).

Une fois les wagons décrochés, ils sont soulevés par des énormes leviers. Les roues sont décrochées, puis les wagons continuent de monter, quasiment jusqu’à hauteur d’homme. Les roues sont ensuite enlevées et remplacées. Une fois le spectacle terminé, de nouveaux des allers/retours sur différentes voies, avant que le train reparte. Il est 01h30 du matin, tout le monde dort.

Au réveil, les paysages ont bien changés : fini la steppe, on retrouve des cultures et des paysages verdoyants. Le train traverse de nombreuses montagnes avant d’arriver sur Pékin, avec végétation luxuriante. C’est très beau et nous en sommes assez étonnés. La température remonte. On a eu le droit à deux tickets pour un petit déj entre 6h30 et 7h30 et un déjeuner entre 9h et 10h dans le wagon restaurant. Le geste est sympa, l’assiette un peu moins.

Puis la ville, ou plutôt la mégalopole, nous présente ses énormes structures de béton. Welcome to Beijing, China !

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