Un an après…

Un an après…

Le 18 mai 2018, nous rentions en France après 318 jours de voyage… Et bien que nous soyons carrément à la bourre concernant la publication des derniers articles du blog (Pérou et Cuba arrivent !), il nous tenait à cœur de publier un article « anniversaire » pour vous raconter nos ressentis sur l’année passée et – bonus ! – sur notre retour (parce que oui « on aurait du » le publier il y a un an…).

Le retour : un ascenseur émotionnel

Les derniers jours

Les derniers jours passés à La havane à Cuba, nous ressentions un sentiment étrange. Alors qu’il nous restait encore quelques jours (voir quelques semaines) à profiter, déjà nous nous projetions dans « l’après », nous empêchant parfois de profiter de ces derniers jours.

L’excitation de rentrer à la maison, de revoir nos familles et l’idée de retrouver un cadre « connu » après tant d’inconnues nous soulage. Nous sommes aussi satisfaits d’être allés « au bout » de notre projet. Ce retour finalement nous l’avions plusieurs fois imaginé et attendu au cours des derniers mois… Sans toutefois savoir comment cela se passerait. Une pointe d’appréhension était donc perceptible, en plus de la tristesse et la nostalgie de voir cette aventure se terminer.

Un sacré mélange d’émotions !

Un long trajet…

Le retour de La Havane vers Londres ne fut pas une simple affaire. Ce fut tout d’abord 10h de vol de nuit, jamais très reposant. Arrivée à Londres, il faut encore rallier Gatwick (qui n’est pas l’aéroport le plus proche) au centre. A la gare Saint-Pancras, surprise : notre Eurostar a 2h de retard… Puis une fois à Paris, il faut gérer une petite grève de la SNCF (on n’aurait pas pu faire plus caricatural !). Notre train pour Rouen étant annulé, nous faisons « appel à un ami » et c’est finalement Clément (le frère de Julien) qui nous récupérera à la gare du Nord pour nous emmener en voiture en Normandie. Nous arrivons enfin à destination (Rouen) vers minuit !

On est donc loin des retours à l’hollywoodienne, avec pancartes et effusion de joie en sortant de la zone d’arrivée de l’aéroport ! Nous sommes évidemment hyper contents de revoir nos proches, mais après les embrassades et un peu de grignotage, c’est déjà l’heure d’aller se coucher… Alors que Julien s’écroule de fatigue, impossible de trouver le sommeil pour Elise qui est submergée par une angoisse et passera une bonne partie de la nuit à pleurer. Était-ce la peur du retour à la « vraie » vie, de se retrouver de nouveau dans la routine, ou de perdre notre cocon après 10 mois passés 24h/24 l’un avec l’autre ?

Toujours est-il que les premiers jours du retour ont été emplis de joie avec les retrouvailles de nos proches. Et puis quel soulagement de pouvoir enfin « poser son sac », dans tous les sens du terme ! On se goinfre de ces mets délicats qui caractérisent tant la haute cuisine française : pain, fromage, saucisson et… vin ! On vit aussi quelques petits moments de bonheur matériels : un vrai lit confortable, une bonne douche bien chaude, tout ce petit confort du quotidien qui peut paraître normal…

Malgré tout, il y a quand même dès les premières minutes cet étrange sentiment qui nous habite. Les mêmes routes, les mêmes commerces, les mêmes repères laissés un an plus tôt, bref tout a changé mais rien n’a changé ! Comment est-ce possible ? ! C’est comme si nous n’étions jamais partis… Ou alors la semaine dernière ! Notre vie a été tellement intense durant ces 10 derniers mois, nous avons découvert tellement de choses et vécu tellement de nouveautés que nous pouvons avoir l’impression qu’ici, finalement, peu de choses ont changé. Quand l’année écoulée se résume à quelques évènements, que les discussions font : « Et toi alors quoi de neuf ? » « Oh bah pas grand chose… ». L’inverse se produit lorsqu’on revoit nos neveux et nièces : eux ont bien grandi ! Là on se rend bien compte du temps écoulé.

Préparer l’après ?

Nous avions lu – lors de la préparation de notre voyage – ces articles qui parlent du retour, expliquant qu’il peut être difficile, et qu’il faut l’anticiper. Nous y avons pensé sans trop nous y attarder, et en toute franchise sans aucune « anticipation » ou préparation concrète. Nous avions le projet de quitter la Belgique et de nous ré-installer en France, ce qui constituait un projet concret qui nous occuperait au retour ! Le fait de ne pas rentrer dans une situation exactement identique permet sans doute de mieux gérer ce retour à la réalité. Et puis dans notre envie de prendre le temps, de vivre l’instant présent, nous étions tombé d’accord de « voir cela au moment voulu ».

Et donc lorsque ce moment arrive, la problématique principale est de faire la transition entre le rythme du voyage, rempli de découvertes et de surprises, au nouveau rythme du quotidien, sans tomber dans cette fameuse « routine » tant redoutée… Alors que paradoxalement, c’est presque de routine dont nous avions envie à ce moment ! Se poser, ne plus se poser de questions sur comment on va manger ce midi, où est-ce qu’on va dormir ce soir, et pour après-demain on a réservé les billets de bus ?

Nous concernant, nous avions choisi dès le début que notre point de chute en rentrant serait à Nantes car c’est une ville que l’on apprécie. A taille humaine, proche de l’océan, pas trop loin de la famille. Nous avons d’ailleurs eu la chance que la grande sœur d’Elise y soit installée et d’avoir été accueillis chez eux lors de nos recherches d’appartement, etc. Avoir un « pied à terre » permet vraiment d’aider lorsqu’on cherche à s’installer quelque part !

Comment raconter son périple ?

Certainement, comme tous voyageurs, nous avons souvent eu du mal à partager ce que l’on a vécu et à exprimer clairement ce qu’on a vécu. Beaucoup nous ont demandé comment c’était ? Quel était le pays que nous avions préféré ?

C’est alors que trop de choses incroyables, d’expériences, de rencontres nous viennent à l’esprit et se mélangent. Impossible de résumer ce voyage en cinq minutes, ni en une heure, impossible même de poser des mots sur le ressenti global de cette aventure. Un large sourire, c’est la seule chose qui apparaît immédiatement sur nos visages en repensant au bonheur procuré par ce voyage, même si tout n’a pas été rose bien entendu.

Mais plus concrètement : « Comment c’était ? » : c’était génial ;) , et voici une sélection photo de nos destinations préférées, histoire de vous donner envie d’y aller :

Réponse à la question posée 1000 fois : notre « top 3 » des destinations

1. Nouvelle-Zélande

 

2. Australie

 

3. Birmanie

Difficile de trouver les mots justes…

Nous nous sommes retenus de ne pas partir dans de longs monologues racontant en détail toutes nos aventures, parce qu’évidemment ça soûlerait n’importe qui au bout de 5 minutes ! Nous n’avions pas non plus envie « d’étaler » notre aventure, de peur de passer pour des gens « hautains » ? Difficile exercice, trop d’anecdotes balancées lors de discussions pouvant s’apparenter à du « travel droping » (genre « et bah nous quand on a traversé l’altiplano en Bolivie on a vu blablabla »).

Nous pensions inconsciemment que ce voyage susciterait peut-être davantage d’attention, de questionnement ou de curiosité de la part de notre entourage… Mais ça ne l’est pas forcément pour tous et c’est normal, chacun ayant sa vie. Et après tout, nous avons fait ce tour du monde pour nous et non pour les autres, même si notre envie de vous faire partager les bienfaits et merveilles de ce voyage sont réels (c’est la raison de ce blog).

D’ailleurs nos échanges avec les lecteurs assidus de ce blog (merci à vous !) ont été rendus plus simples, ainsi qu’avec les personnes ayant elles aussi connu un voyage comme le notre. Nous pouvions alors discuter avec plus de liberté et obtenir un certain réconfort. Réconfort en effet car le « blues du retour » existe (même s’il n’est pas immédiat), ainsi que la « fatigue du voyage » qui peut être parfois incomprise : nous étions en « vacances » quand les autres étaient au boulot… « Attends, tu es fatigué au retour de ton voyage ? Pourtant tu étais en vacances… ».

Ce qui est sûr c’est que le sujet intéresse : beaucoup de personnes nous ont demandé plein de choses ! A tel point que parfois Julien (quand nous covoiturions des gens par exemple) préférait éviter de parler du voyage, de peur de faire face aux mêmes questions encore et encore… Dans la série des réactions déconcertantes, les personnes qui voyaient en notre aventure un exploit et faisaient de nous de véritables « aventuriers » : flatteur mais éloigné de notre réalité. Quant aux personnes nous mettant dans la case « Toi aussi tu as suivi la mode et fait un tour du monde… », et bien elles étaient peu nombreuses ;) Nous referions ce voyage sans hésiter, peu importe que ce soit « à la mode », car la vie est bien trop courte !

Le choc culturel du retour

Rentrer en France et se taper une grève de la SNCF, rien de mieux pour nous replonger dans le bain des mentalités parfois négatives et souvent râleuses des français. Après une année à côtoyer certaines populations n’ayant pas grand chose mais restant positives et souriantes, c’est décontenançant.

On sait que ça va déclencher la colère de certains mais franchement les gens, c’est l’opulence ici ! Les rayons des supermarchés sont pleins à craquer, il y a des magasins de partout, et parfois même les mêmes enseignes dans une même rue ! On a des routes goudronnées, de l’électricité, de l’eau courante et chaude, l’internet (mais bien moins de « hotspots » wifi gratuits que dans plein de pays d’Asie on vous l’accorde). On ne manque de rien, mais on n’en a jamais assez ! Et les vêtements… Pourquoi en a-t-on autant dans nos armoires ? Nous avons vécu avec peu de choses face à une variété de climats, et ce peu nous paraissait déjà beaucoup comparé à certaines conditions…

On était contents de retrouver quelques fringues, mais lorsqu’il a fallu récupérer toutes nos affaires stockées chez nos proches (encore merci d’ailleurs !), ça nous a fait drôle. Et cela ne nous a pas apporté de joie particulière, presque le contraire : trop de vêtements, de vaisselle… Nous avions pourtant fait le tri avant de partir ! Mais étrangement on retrouve assez rapidement l’attitude de ne pas vouloir jeter non plus « au cas où ». Il nous reste du chemin à parcourir pour atteindre un mode de vie « minimaliste » ;)

Et oui on reprend vite ses marques dans la vie occidentale, la société de consommation et tout cet environnement que l’on connaît si bien. On espère cependant être (encore) plus ouverts et attentifs aux « maux » de nos sociétés !

Alors, y a t-il un choc culturel au retour ? Oui, les premières semaines du retour peuvent donner le sentiment d’être perdu, paumé sur ce qu’on doit faire, pas faire, avoir, ne plus avoir, sur ce que l’on a envie de faire…

Revenir dans la vie active

Les premières semaines, le premier mois, nous n’étions pas inquiétés par l’avenir, comme un peu encore en voyage. Pas vraiment d’encre jetée et des possibilités larges devant nous. Et puis progressivement, la réalité reprend ses droits. Rapidement il a fallu gérer tout le côté administratif lié à notre retour en France.

État civil, impôts, emploi, il a fallu faire face aux administrations Belges et Françaises, un vrai duo gagnant !

Puis il a fallu trouver un logement parce que loger chez la famille et les amis c’est vraiment très gentil (encore grand merci à eux ! ! !) mais ce n’est pas chez nous. Et là grosse affaire aussi. Comment trouver un logement quand on n’a pas d’emploi ? Difficile de passer en direct auprès des particuliers, tant les agences captent la majorité des offres. Pour les agences, c’est littéralement impossible pour celles qui proposent aux propriétaires des « packages » avec assurance loyer impayé (car ces assurances exigent que les futurs locataires soient… en CDI). Il a donc fallu montrer « patte blanche » à grands renforts de garants, de dynamisme et de sourires. Même avec cela la tâche a été assez ardue…

Niveau travail, Elise a commencé en intérim dès août 2018, puis en CDD renouvelé deux fois. Julien de son côté a entamé une reconversion professionnelle dans l’informatique afin de se donner de nouvelles perspectives professionnelles, notamment via un dispositif de « POE » (Préparation opérationnelle à l’emploi) une formation de 3 mois cofinancée par Pôle emploi. Il est depuis Mars 2019 engagé dans une société de prestation (« SSII »). Un nouveau monde…

Est-ce qu’on a changé ? Grande question !

Depuis notre retour, chaque jour nous prenons un peu plus conscience du chemin que nous avons parcouru dans notre vision de la vie après cette aventure extraordinaire. On ne vit plus les difficultés de la même manière.

On ne s’est pas non plus transformés en « maîtres Zen » durant le voyage… Rattrapés par nos mauvaises habitudes, on se surprend à râler pour des petites choses sans importance, on redevient un peu plus speed, on se remet à tout prévoir sans se laisser vivre… Mais peut-on réellement échapper à tout cela ? Dépend-il de nous d’être heureux ? (Sujet du Bac philo 2010 by the way !)

Nous avons donc pris plusieurs résolutions, que nous cherchons (encore) à appliquer au quotidien (sans ordre particulier) :

  • Voir plus souvent nos proches et tisser un nouveau réseau social (pas facile !)
  • Manger plus sainement (bio, producteurs locaux) et de prendre le temps de cuisiner pour Julien, de cultiver quelques légumes (on fait comme on peut avec un balcon…)
  • Réduire nos déchets : réduire les emballages, composter, ré-utiliser, etc
  • Réduire notre empreinte sur l’environnement, d’autant qu’avec le bilan carbone du voyage nous avons accumulé une sacrée dette envers la planète !
  • Privilégier les expériences au matériel
  • Être plus ouverts face à la différence
  • Continuer de découvrir et de vivre des aventures, pas forcément loin de chez soi ! (nous avons vraiment pris conscience de notre chance d’être Européens, y compris en matière de voyages et de paysages).

Retour d’un long voyage ? Nos conseils !

Voici donc les quelques conseils que nous pourrions donner à ceux qui rentrent d’un long voyage. Mais aussi pour tous les autres d’ailleurs !

1. Ayez envie de rentrer

Pour notre part, nous étions fatigués de faire sans cesse nos valises, de reprendre à chaque nouvelle halte les mêmes discussions déjà entamées partout ailleurs et surtout de devoir toujours tout négocier pour ne pas être pris pour un pigeon. Nous avions besoin de retrouver nos proches, être là pour eux et nous poser un peu. Notre retour de tour du monde a donc été désiré, et cela fait passer beaucoup mieux la pilule sur le moment.

2. Ayez des projets

On nous l’a beaucoup répété avant de partir, et c’est pas faux ! Un voyage autour du monde est un tourbillon, les journées sont denses et apportent leur flot ininterrompu de rencontres et de situations nouvelles. De retour chez vous, le temps nous vous sembler plus lent, la routine un peu pesante, les perspectives moins enchantés. Il faut donc profiter de la stabilité retrouvée pour échafauder de nouveaux projets et créer la nouveauté !

3. Restez curieux

Un élément qui pour nous est essentiel est de ne pas oublier ce que nous avons « appris » lors de notre tour du monde. Nous cherchons à rester dans une posture de découverte et d’étonnement face au monde qui nous entoure, aussi proche qu’il soit ! On croit connaître les choses, mais si on les regarde différemment, ne sont-elles pas différentes ?

« Le bout du monde et le fond du jardin possèdent la même quantité de merveilles » Christian Bobin

En conclusion

Aujourd’hui nous pouvons dire que partir faire un tour du monde a été le meilleur choix de notre vie et que ce voyage nous a fait avancer et évoluer comme nulle autre chose auparavant. Nous le referions sans hésiter (sauf peut-être du point de vue de l’environnement) ! Notre appétit de découvertes est décuplé…

Nous avons pris conscience de la chance inouïe d’être Européen et Français, de bénéficier d’un confort et d’avantages. Cela peut sembler être un dû ou une normalité, nous nous sommes vraiment rendus compte que ce n’est pas le cas dans une majorité de pays. On pense à l’électricité, à l’accès gratuit aux soins, aux allocations diverses, mais aussi à notre délicieuse cuisine (qui nous a beaucoup manqué), ses bons petits plats, ses fromage et ses bons vins ! ! !

Mais aussi, cela a renforcé notre capacité à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, à nous concentrer sur le positif. Ce voyage aussi nous a démontré qu’il n’est pas si difficile de mener à bien ses projets même les plus fous, que nous avons tous la capacité de changer de vie si celle-ci ne nous rend pas heureux.

Enfin, ce voyage nous a enseigné de nous satisfaire de ce que l’on a et aussi et de vivre l’instant présent. On termine avec deux citations qu’Elise aime bien :

« Dans 20 ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez. » Mark Twain

« On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en a qu’une » Confucius

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