El Chalten et le mythique Fitz Roy en Patagonie Argentine

El Chalten et le mythique Fitz Roy en Patagonie Argentine

En quittant le Parc National Torres Del Paine, nous avons retrouvé le soleil. Une journée à la météo magnifique, que nous devrons passer dans le bus… Départ à 7h30 de Puerto Natales pour repasser par El Calafate, puis enfin rejoindre El Chalten. De nouveau, passage des deux frontières, mais cette fois-ci avec d’autres bus devant nous, encore plus long qu’à l’aller !

La route entre El Calafate et El Chalten est vraiment magnifique ! Tout le long, nous avons une belle vue dégagée sur les montagnes au loin et progressivement sur le Fitz Roy, et en plus nous avons la chance d’être tout devant en haut du bus !

El Chalten, ses montagnes, sa météo capricieuse

El Chalten est une petite ville entourée par les montagnes et les glaciers du Parc National Los Glaciares. C’est le camp de base de nombreuses randonnées à la journée et plus.

El Chalten revendique le titre de ville « la plus jeune d’Argentine », elle fut en effet fondée en 1985 afin de mettre un terme à une lutte territoriale sur les alentours du Fitz Roy entre Argentins et Chiliens. Buenos Aires a envoyé un groupe de fonctionnaire pour fonder un village et ainsi marquer le territoire. D’abord sans électricité ni services, la ville ne comptait que 41 habitants en 1991. Cette ville ne vit pratiquement que par le tourisme. En basse saison, les hostels et les restaurants sont fermés.

Nous sommes restés en tout 3 jours à El Chalten. 3 jours de kaléidoscope climatique ! Ici l’ennemi c’est le vent, qui peut souffler très fort. A l’auberge, on nous a dit que la météo était tellement changeante que l’on ne pouvait pas se fier aux prévisions. Tout le monde restait cependant scotché au site windguru (le site de référence des surfers, pour qui le vent est aussi important) à y guetter les prévisions.

Le premier jour, une belle météo « patagonienne » : vent en bourrasques à presque 100km/h, avec de la pluie et quelques timides éclaircies. Autant dire que nous ne nous sommes pas trop aventurés dehors ! Nous avons exploré El Chalten comme nous pouvions et avons travaillé sur le blog.

A l’attaque du Fitz Roy !

Le deuxième jour, les prévisions météo étaient très positives, c’était « la » fenêtre météo pour « se faire » le Fitz Roy ! Bon évidemment, on ne parle pas ici de l’escalader, mais simplement d’aller l’admirer depuis le « laguna de Los Tres » à son pied.

Le cerro Fitz Roy, également connu sous le nom de cerro Chaltén (« la montagne qui fume », en raison des nuages qui l’entourent régulièrement, lui donnant des airs de volcan), a une altitude est de 3 405 mètres. Le nom de Fitz Roy fut donné par l’explorateur Francisco Pascasio Moreno le 2 mars 1877 lors de son exploration de la région. Il choisit ce nom en l’honneur du capitaine du HMS Beagle Robert FitzRoy, qui, à l’occasion de son second voyage l’avait précédé dans l’exploration des sources du Río Santa Cruz en 1834, mais qu’un problème technique obligea à faire demi-tour avant d’atteindre le lac Viedma. C’est aussi un pic mythique pour les alpinistes, il a été gravi pour la première fois par une équipe française en 1952 : Lionel Terray et Guido Magnone.

La rando du « Laguna de Los Tres » est la plus connue du parc car elle permet d’arriver à un lac situé à la base du Fitz Roy. Lorsqu’on la fait « à la journée », c’est une randonnée de 10,2 km avec 750m de dénivelés pour atteindre le lac. Une fois en haut (après 4 heures de marche), on peut admirer le mont Fitz Roy. La balade commence directement depuis El Chalten, pas besoin de transport !

Lorsque l’on a demandé conseil au gérant de l’auberge, il était très ferme : « allez-y pour le lever du soleil ou rentrez chez vous ! » Ah OK… Il nous donne quelques conseils pratiques : réveil à 3h30, départ à 4h, arrivée 1h30 au « laguna capri », l’un des premiers « mirador » (point de vue) de la rando. On peut alors y admirer la « face » du Fitz Roy s’illuminer progressivement de rouge avec le soleil levant. Nous avons recruté au passage une coéquipière super chouette, Laurence, que nous avions rencontré la veille à l’auberge.

J’ai beau être matinal

Il est 4h, la température plutôt fraiche finit de nous réveiller. On se réchauffe vite cela dit, car ça grimpe dès le début ! On est hyper motivés pour cette rando que l’on attaque à la lueur de nos frontales. Nous sommes parmi les premiers à s’élancer de El Chalten, mais un groupe de « jeunes » nous suit en parlant assez fort. Nous essayons donc de les semer pour profiter du calme de la nuit et de l’ambiance de la randonnée nocturne.

1h30 plus tard, nous sommes déjà au « laguna capri », qui est aussi le lieu d’un campement. Nous nous posons donc pour attendre le soleil. Les étoiles sont encore là, quelques étoiles filantes passent, c’est vraiment beau. Le ciel est clair, nous sommes chanceux. On peut même apercevoir le mont Fitz Roy dans la nuit, tel un géant qui sommeille. Puis le groupe de « jeunes » arrive… ils chantent, parlent fort, sans aucun respect… On est donc saoulés.

Ce qu’on découvre sur place, c’est que le soleil ne se lève pas avant… 7h ! Il nous faut donc patienter… 1h30 à attendre que les premiers rayons touchent le Fitz Roy. Pour nous réchauffer, un programme varié à base de sautillements, de flexions… Nous rêvons d’un thé bien chaud… Mais non, il faudra se contenter d’eau froide et de gâteaux secs :) Au loin, un petit nuage reste collé autour du pic du Fitz Roy. Pour passer le temps, on s’imagine que c’est un alpiniste qui fait un feu pour se réchauffer ou bien qu’il est en danger et que c’est un signal d’alerte ;)

Et la lumière fut !

A 7h00, des rayons roses commencent à illuminer le ciel. Ah Ah ! le spectacle va commencer. Et à 7h10, les premiers rayons du soleil viennent caresser doucement la pointe du Fitz Roy pour le réveiller. La lumière se propage ensuite rapidement à l’ensemble de la face, qui prend une couleur rouge. Le nuage est parti, le spectacle est magique. Nous en prenons plein les yeux. Enfin vers 7h30, nous partons pour continuer la randonnée. Il fait toujours aussi froid, il faut donc s’activer !

La marche et le soleil nous réchauffent progressivement, c’est vraiment agréable. Depuis notre point de vue, le chemin reste relativement plat. Toute cette partie de la rando se fait avec une vue directe sur le Fitz Roy. On ne se lasse pas de l’admirer. Les paysages sont sublimes, avec des petits ruisseaux, des arbres, des fourrés.

La dernière ligne droite

Arrive le dernier kilomètre. Un panneau annonce la couleur : « ce qui va suivre n’est pas facile du tout et exige une excellente condition physique ! » Pfff, pas de problème, fingers in the nose ;) On confirme cela dit que cette dernière montée est vraiment coriace : un chemin qui grimpe à travers des pierres, très bien marqué certes, mais qui nous achève bien.

Dans cette partie, le Fitz Roy est caché. Il est là, juste derrière, « y’a plus qu’à » monter pour le revoir. Et puis au bout de 50 minutes, il ré-apparait, grandiose, imposant, époustouflant. A son pied, le lac de Los Tres. Il est 10h30, il n’y a encore pas grand monde, nous sommes soufflés. Pas un nuage ne coiffe le pic, ce qui est assez rare apparemment !

Nous sommes restés presque 3h là-haut tellement le spectacle était captivant. Des jeunes hommes se sont baignés dans le lac à la température glaciale… Ils n’y sont pas restés longtemps !

Puis il est temps de redescendre. Il y a désormais beaucoup de monde, c’est moins sympa. Pour redescendre il faut presque faire la queue ! Aussi raide qu’à l’aller, les genoux dérouillent un peu. Durant tout le chemin du retour nous nous retournons régulièrement pour voir encore ce géant derrière nous.  Clairement une des plus belles randonnées que nous ayons faites !

Le soir même, nous n’avons pas mis longtemps à nous endormir, des images plein la tête.

Les miradors autour d’El Chalten

Le troisième jour, de nouveau une météo pourrie. Il pleut le matin. Nous remettons à « plus tard » la rando qu’on avait prévu (Laguna Torre, 6h AR). Vers midi le temps s’éclaircit, nous en profitons pour aller découvrir les « miradors » autour d’El Chalten.

Il s’agit d’une petite marche de 1h/1h30 AR qui mène aux miradors de Los Condores et de Las Aguilas. Le premier permet d’observer les condors voler au dessus de nos têtes. De nombreux condors vivent dans cette région (c’est même l’emblème de la Patagonie). Ils ont un vol majestueux avec leurs ailes caractéristiques (leurs extrémités sont en éventail).

En continuant le chemin, on arrive au mirador de Las Aguilas qui offre une vue panoramique sur la plaine, le lac Viedma d’un bleu magnifique, et les montagnes au loin.

Si la première partie de la randonnée n’est pas extraordinaire (il vaut mieux avoir des jumelles pour observer les condors), la seconde est magnifique aussi, avec une vue sur les montagnes d’un côté et de l’autre sur l’immensité de la Patagonie.

El Chalten, un véritable coup de cœur…

Nous ne sommes restés que 3 jours à El Chalten, nous n’avions en effet pas anticipé les caprices de la météo (alors même qu’on en avait vu les prémices sur la fin de notre séjour au parc national Torres Del Paine). Déjà que la Patagonie en général est un coup de cœur pour nous, mais El Chalten se place en haut du podium pour en profiter !

C’est vraiment un petit village très sympathique, certes touristique mais à l’ambiance très détendue. Un superbe coin pour les randonneurs, le décor est idyllique ! Le coin mérite qu’on y reste plus longtemps, notamment en ramenant sa tente pour aller arpenter les randos du Parc National.

C’est donc les yeux remplis de magnifiques paysages que nous prenons, le soir même, un bus en direction de Bariloche, une ville qui marque le Nord de la Patagonie Argentine. On savait que ces 24 heures de bus ne seraient pas de tout repos, mais c’était sans compter la présence d’un charmant groupe de jeunes Israéliens… Petit teaser, on vous expliquera tout cela dans le prochain article !

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