La magie de Bagan

La magie de Bagan

Bagan, la cité aux 2000 temples, est la 4ème étape de notre itinéraire de voyage en Birmanie. Après la visite de Yangon, le trek de Kalaw à Inle et un séjour au lac Inle, place au rêve et à l’Histoire à Bagan !

Night bus, « round 2 »

C’est de nouveau en bus de nuit que nous avons quitté le lac Inle pour aller à Bagan. Notre première expérience (voir notre article à Kalaw) fut globalement « OK », celle-ci le fut un peu moins… Route sinueuse, chauffeur qui se croit sur une piste de F1, musique pour tout le monde, ça rigole, il fait un froid glacial, c’est super ;) C’est donc après une nuit de rêve que nous arrivons à 5h du matin à la station de bus qui est en dehors de la ville. Et donc à la descente du bus, qui nous attend ? Les taxis pour changer ! Le rapport de force est en notre défaveur, avec un système bien rodé ou quelques « négociateurs » envoient les touristes vers les taxis stationnés un peu plus loin. Difficile de négocier, on joue l’attente (au moins 5 grosses minutes lol) et on réussit à payer un prix pas trop élevé, enfin quand même 7000 kyats (4,35€) pour 10 minutes de taxi, ce qui reste élevé comparé au reste du pays.

Après avoir réglé les droits d’entrée de 25 000 kyats/personne (15,5 €) obligatoires pour accéder à la zone touristique, nous arrivons à notre hôtel avec les premières lueurs du soleil mais ne pouvons pas accéder encore à notre chambre. Nous décidons donc de louer un scooter électrique à un petit bouiboui à coté de l’hôtel et de partir voir le lever du soleil. On fonce vers une stupa indiquée sur la carte du coin. Sur la route on croise des touristes comme nous qui vont aussi assister à ce moment merveilleux du lever du soleil. Il y a déjà du monde sur la stupa mais c’est paisible ici, ça fait du bien. Le soleil monte progressivement, et vers 6h la lumière se fait sur toutes les stupas autour de nous, c’est beau ! On est heureux d’être ici.

Nous sommes restés à Bagan 4 jours et 4 nuits. Durant ces 4 jours, nous avons parcouru la région aux 2000 pagodes. Bagan est très étendu. La zone d’exploration se situe dans un triangle dont les sommets sont New Bagan à l’Ouest, Nyaung U à l’Est et Bagan au Nord-Ouest. Il est possible de se déplacer en vélo, en vélo électrique, en calèche, en taxi ou en scooter électrique. Comme Julien s’est découvert l’âme d’un biker ( et qu’Elise a une confiance aveugle en sa conduite ;), la dernière option s’est « imposée » à nous :)

Petites anecdotes climatiques

Le site est incroyable et nous avons eu une chance énorme sur le temps durant cette saison des pluies (et rappelez vous, ici la saison de pluie c’est pas rien…). On a quand même eu deux petits kwacks qui vont rester deux énormes bons souvenirs !

Le premier jour, en regardant le coucher du soleil sur la pagode Shwesandaw (ultra touristique mais il faut la faire quand même), nous avons vu un orage arriver au loin (genre ciel noir, rideau de pluie au loin, bref pas joli joli). On décide de pas s’éterniser et de rentrer. Sur la route, quelques gouttes, puis de plus en plus. Elise propose de s’arrêter pour mettre les ponchos. On s’arrête, on fouille dans les sacs pour les sortir, mais la flemme prends le dessus. On est pas si loin ! Allez, on fonce, on arrivera à temps. Vous pouvez voir venir la grosse bêtise, qui mettra à peine 1 minute à se concrétiser : une pluie d’orage s’abat sur nous, nous trempant en quelques secondes. Elise, qui adore la pluie, sert les dents à l’arrière du scooter. Julien essaye de tracer, pas forcément une bonne idée sur la route en mauvais état, dans le noir, avec la pluie qui commence à remplir la chaussée… Quand on arrive à l’hôtel on est trempé des pieds à la tête mais qu’est ce qu’on rigole ! La route est quand même devenue une petite rivière au passage…

Le lendemain, il fait beau, la pluie de la veille a fait des trous sur le bitume et des ouvriers sont en train de les reboucher. On décide de « quitter les sentiers battus » et d’aller s’aventurer dans les petits chemins en terre de la plaine principale. Évidemment, les petits chemins sont eux aussi pleins de trous, de mares et de boue ! On négocie tout ça gentiment, croisant des locaux qui nous mettent en garde pour la boue, avant d’attaquer une portion particulièrement boueuse plein gaz, à deux sur la moto, avec la roue arrière qui chasse ! Ils sont obligés de mettre les pieds dans la boue pour ne pas tomber.

Julien, qui ne recule devant rien, décide d’y aller aussi. Elise, plus sage, décide de descendre du scooter pour alléger le scooter… Il zig-zag, rattrape comme il peut, puis finit par glisser et s’étale dans la boue, sur le coté. Chute au ralenti mais impressionnante pour Elise, qui du coup essaie de relever le scooter, en essayant de ne pas tomber elle même !

Au final les deux locaux, super sympa, sont venus nous dépêtrer de cette situation. Plus de peur que de mal, Julien s’est juste vautré dans la boue. Un gentil monsieur, gardien d’une pagode toute proche de là, lui propose de se débarbouiller dans un réservoir d’eau de pluie. Julien, dans un grand moment de lucidité, pose ses lunettes de soleil au sol, et finit évidemment par marcher dessus. C’est décidément pas la journée !

L’avantage de la pluie est que cela offre parfois de magnifiques arcs-en-ciel !

Les pagodes visitées

La région des pagodes étant immense, il est possible de parcourir les plaines sur des petits chemins, et donc d’être seuls parmi les vestiges, c’est très plaisant !

C’est fou de se dire que ces pagodes ont plusieurs siècles pour la plupart ! Des peintures d’époques sont encore visibles dans certaines pagodes, nous en étions émerveillés.

Parmi toutes les pagodes et temples que nous avons visités, les principales sont :

Ananda Pahto : récemment restaurée, blanche à la stupa dorée

Dhammayanguy Pahto : la plus grande et impressionnante

Sulamani Pahto : avec des fresques magnifiques

Dhammayazaka Zedi : en forme de pentagone, avec une stupa dorée

Thatbyinnyu Pahto : la plus haute de Bagan, on peut accéder au toit

Shwegugyi : dans le vieux Bagan, à côté de Thatbyinnyu

Shwesando Pagoda : la plus connue, prise d’assaut pour les levers/couchers du soleil

Bupaya : au bord de la rivière

Shwesigon Paya : énorme stupa entièrement dorée

Htilominlo Patho

Nos coups de cœurs

  • Sulamani Pahto, pour ses fresques
  • Htilominlo Patho, pour son extérieur
  • Dhammayanguy Pahto, pour sa taille, mais pas pour ses crottes de chauve-souris sur lesquelles on marche pied-nus
  • Dhammayazaka Zedi, pour ses jardins fleuris
  • D’autres, dont on n’a pas le nom, que l’on a découvert en se perdant (notamment, la n° 422 pour le lever du soleil, et un petit temple du complexe « Shwe Nan Yin Taw » pour le coucher).

Note : sur l’application « Maps.me », de nombreux points de vue ont été renseignés, même s’il n’est pas toujours facile de faire le lien entre les cartes de Maps.me et les autres, car tous les noms n’y figurent pas… On peut par contre trouver des points de vue « confidentiels » (on n’a jamais été seuls pour autant), comme une petite stupa non loin de la très prisée Shwesando.

Les « regrets »

Étant à Bagan fin septembre, nous n’avons pas pu assister au spectacle des montgolfières qui survolent le site de fin octobre à mai et qui doit donner un coté féerique au site. D’un autre point de vue, cela nous permet de découvrir le site en « hors saison », donc l’un dans l’autre on est pas si mal :)

Bagan étant l’un des lieux les plus touristiques en Birmanie, on y retrouve les aspects négatifs du tourisme, comme les vendeurs un peu insistant à la sortie des pagodes. Ils vendent des peintures de sables, de objets laqués, des vêtements typiques, des bijoux, des cartes postales, etc. On a même vu un enfant de 11 ans vendre ses peintures au dessus d’une pagode… C’était samedi, en espérant qu’il va bien à l’école le reste de la semaine… (Le Lonely Planet indique que certains enfants quittent l’école pour vendre des souvenirs).

On est partagés entre l’envie d’aider ces gens à en vivre, et la suspicion de se faire arnaquer sur des objets « originaux » fabriqués à la chaine (ou de mauvaise qualité) et revendus au prix « touriste ». Peut-être qu’on voit le mal partout, mais très souvent les vendeurs, après avoir annoncé leur prix, pratiquent des remises substantielles (voir demandent « what is your price ? »), ce qui nous donne envie de prendre nos jambes à notre cou. La plupart du temps ces vendeurs sont gentils et respectueux. On a juste eu quelques états d’âme lorsque le vendeur nous a fait faire le « tour » d’une pagode (donnant quelques explications sur les peintures ou indiquant les escaliers qui permettent de monter au sommet), et nous propose ensuite d’acheter ses objets. Quelques rares vendeurs nous ont pris par les sentiments : « la saison est mauvaise, il n’y a pas beaucoup de touristes »… Bref tout cela n’arrange rien à la situation (on essaie de détailler dans un article plus complet nos interrogations de touristes occidentaux).

A la sortie d’un temple (Apayanada ou Abeyadanar), nous avons vu l’un de ces artistes de peintures de sable sur coton. On retrouve souvent les mêmes toiles / design, bien que chaque vendeur se vante de les peindre lui-même. A la différence des autres, ce vendeur, Than Htike, signe ses œuvres. C’est pas grand chose mais ça nous a plu, d’autant qu’il était très gentil. Ses tarifs étant raisonnables, on a décidé de lui prendre une toile pour notre futur appart ! Comme Elise avait emmené avec elle de France des échantillons de parfum, on lui a proposé un échange. Il semblait ravi ! Les parfums français ont la côte ici… L’échange s’est fait avec la plus grande camaraderie, pas du tout « pushy » comme partout où nous sommes allés. Il était content et nous aussi !

Conservation, restauration et séismes

Après une intense période de construction entre le 11ème et 13ème siècle, Bagan semble avoir été abandonnée rapidement, et laissée à l’abandon durant de nombreuses années (bien que les experts ne soient pas tous d’accord sur ce point). Les populations ne seraient revenues dans la zone qu’après l’arrivée des britanniques au 19ème… Avec, entre temps, des dommages importants causés par le temps et les séismes. Il y a en effet eu de nombreux séismes dans la zone, les deux principaux étant ceux de 1975 et 2016.

Du coup, les pagodes et temples de la zone ont été massivement « reconstruits », notamment suite à une campagne de reconstruction sur donations lancée en 1990 par le gouvernement (qui connut beaucoup de succès compte tenu du principe de « bonne action » bouddhiste). Ces reconstructions ont été faites à la va-vite, parfois sur la base de ruines uniquement, sans faire de recherches ou sans tenir compte des techniques d’antan. Notre Lonely Planet (malheureusement notre seule source sur ce point) indique que selon certains experts 90 % des temples et pagodes ont été « substantiellement altérés ». Certains experts parlent même d’une « disneyworld-isation » du site…

Et puis il y a eu le tremblement de terre du 24 Aout 2016 (magnitude 6.8). Beaucoup de pagodes ont subi de lourdes destructions, ce qui fait que de nombreux sites sont en restauration, voir tout simplement fermés. En voyant les photos avant-après, c’est un peu triste de constater les effets destructeurs des phénomènes naturels (certains temples, comme Sulamani Pahto, ont perdu toutes leurs flèches). Cela étant dit, bien que les restaurations aillent bon train, il semblerait que le gouvernement de Ann San suu Ki ait tenté de faire les choses bien après le tremblement de terre de 2016, avec une mission de l’Unesco, etc. Il semblerait toutefois que la majeure partie des destructions liées aux séismes soient sur les parties restaurées à la va-vite…

Artisanat local : fabrique d’objets en laque

Bagan est réputée pour son artisanal local, notamment la production d’objets en laque. Ces objets nécessitent de nombreuses couches de laque, pouvant aller jusqu’à 21 couches, ce qui demande jusqu’à 6 mois de travail en comptant le séchage (une semaine par couche) ! Le tout est fait à la main, notamment des gravures minutieuses…

On trouve par ailleurs de nombreux vendeurs de peintures, dont des peintures faites avec du sable. Ainsi que les incontournables marionnettes, même si cet artisanat est plutôt localisé à Mandalay.

Gros coup de cœur pour cet endroit magique. Et on espère que les photos vous feront rêver autant que nous :)

 

Galerie photos

3 réactions au sujet de « La magie de Bagan »

  1. Hello les globe-trotters,
    J’ai bien aimé la photo de Julien sur votre scooter « taille asiatique ».
    Et qu’en est-il pour les lits ?
    Bises
    Thierry

    1. Hello Thierry !
      Il est vrai que ma taille détonne « un peu » ici (tout le monde se marre en me voyant, ou se pose à coté de moi pour comparer !). Pour les lits, c’est souvent dans les transports (notamment les bus de nuit, quoiqu’en Birmanie c’est encore très correct) que c’est compliqué (place pour les jambes, etc). On n’a pas eu trop de problèmes dans les hôtels (c’est plus le confort des matelas qui manque…).

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