La magie du lac Baïkal

La magie du lac Baïkal

Cap sur Olkhon, la plus grande île du lac Baïkal (71 km de long), que les Russes surnomment la « Perle de Sibérie ». On nous avait annoncé « 5 ou 6 heures » de trajet en minibus pour aller d’Irkoutsk à Khouzhir, la ville principale sur l’ile.

Nous sommes donc partis pour un périple de plusieurs heures en mini-bus, non sans appréhension pour Elise (le mal des transports !). Après une heure de retard qui semble ne soucier personne, nous faisons récupérons au grand marché de Irkoutsk les derniers passagers, et c’est parti ! La conduite se fait « à la russe » : chauffeur en tongues, techno à fond, personne ne met sa ceinture, des 4×4 qui fusent voies de gauche pour doubler plusieurs voitures d’un coup… Les paysages sont encore plus beaux que ce qu’on avait imaginé : une route rectiligne, la seule goudronnée, qui traverse d’énormes prairies jusqu’à des collines au loin. Ces plaines, aux herbes rases, sont remplies de fleurs et de pins, c’est grandiose. Malgré ces grands espaces, les troupeaux de vaches et de chevaux semblent préférer le bord de la route, traversant un peu à l’improviste, ce qui donne de sacrés coups de freins ! Éparpillés le long de la route, des gens assis sur des seaux, qui vendent des fruits cueillis à la main. A l’approche du lac, les pentes des collines qu’on voyait au loin se raidissent, prémices des montagnes qui bordent le lac.

5h après notre départ, nous arrivons au Lac Baïkal. Réjouis d’arriver au ferry, nous tombons sur une immense queue de voitures qui attendent la traversée. Notre minibus remonte alors toute la file jusqu’à la zone d’embarquement. On sait pas si c’est normal, ou si c’est « à la russe » une nouvelle fois ;) Les russes, fidèles à leur amour des glaces (qu’ils mangent partout et à tout moment de la journée, même en hiver !) patientent dehors avec leurs cornets. Nous embarquons 30 minutes plus tard sur le petit ferry, pour une courte traversée de 10 minutes environ sur la « petite mer » du Lac Baïkal.

Une fois passés, on reprend la « route » vers Khouzhir. Fini le goudron, place à une route principale en terre battue compacte et large mais avec de nombreux passages en « tôle ondulée », avec à coté des pistes latérales plus fraiches visiblement créés par les camions et voitures comme alternative à la route plutôt cabossée ! Notre minibus, sorte de Peugeot Jumper rallongé, n’a rien à voir avec les « UAZ-452 », camionnettes 4×4 russes datant des années 60 qui pullulent ici ! N’ayant pas les suspensions adéquates permettant d’aller vite sans voltiger, nos derniers kilomètres seront longs et compliqués. D’autant plus que notre chauffeur décide quand même de prendre ces fameux raccourcis, ce qui nous vaudra quelques frayeurs.

Après 7 heures de transfert, nous arrivons finalement à Khouzhir, où vivent 1300 des 2000 habitants de l’île. Nous n’avions pas pu réserver de chambre dans la très connue auberge Nikita (recommandée dans tous les guides) et atterrissons donc à la lisière de la foret dans le haut de cette petite ville. C’est une auberge « nature », peu confortable mais les tenants sont très gentils. Au programme, toilettes sèches (en fait un trou vers une fosse sceptique, comme sur toute l’ile visiblement, il n’y a pas d’égouts), filet d’eau pour la douche (chauffée au soleil), petites cabanes en bois, avec des lits assez sommaires (une planche en bois, un micro-matelas). On ne peut pas laver son linge car il faut économiser l’eau. Il va falloir s’y faire pour les 3 jours à venir ;)

La ville est assez petite et extrêmement étonnante ! Des maisons en bois partout, pas de route mais des pistes dans tous les sens. Visiblement les hôtels poussent comme des champignons ici encore. Pas de distributeurs de banque, il faut donc revoir suffisamment de cash pour payer ce qui est nécessaire. Petit moment de doute après avoir payé l’auberge et le transport de retour, il nous reste 1640 roubles pour les 3 jours à venir… Mais à notre agréable surprise, les supermarchés et restaurants prennent la carte ! Ouf on va pouvoir manger !

Le Lac Baïkal… que dire sinon Whaou ! De là où nous sommes (sur la cote Ouest de l’ile) nous ne voyons que la « petite mer » comme ils l’appellent ici. C’est elle qui est complètement gelée l’hiver. Quel calme, quelle couleur ! Nous voyons la rive montagneuse en face qui semble se jeter dans le lac, et profitons des couchers du soleil depuis le « shaman rock », c’est magnifique. Et apparemment il y aurait plus de 300 jours de soleil par an ici ! Sous la neige ce doit être splendide et un tout autre paysage !

Partout sur l’ile des témoignages visuels du chamanisme, qui semble avoir survécu aux autres religions au travers des temps. On dit qu’il y a une forte énergie qui se dégage de l’ile. Je dois avouer que nous ne l’avons pas vraiment ressentie… une explication avancée serait qu’il y a trop de touristes en saison haute et que du coup l’énergie est dispersée…

L’eau du lac est à 11 degrés et le défi de s’y baigner à été relevé ! Non sans peine bien entendu… (surtout pour Elise). Il parait que se baigner donne de l’énergie, ou encore rajoute 25 ans de vie. Sur la plage, étrange vue que ces « banja-trucks », des camions-sauna. Le rite voudrait qu’on se réchauffe dans ces saunas russes (à 100° !) puis que l’on se jette dans l’eau du lac.

On nous a raconté qu’il y a quelques jours un avion de tourisme de type Cessna aurait fait un « hard landing » dans le lac (il y a un aérodrome sur l’île, on comprend toujours pas comment ils ont fini dans l’eau). Passagers blessés mais en vie. La température au milieu du lac est de 6°, visiblement ça laisse 20 minutes avant l’hypothermie…

Deux excursions sont possibles : aller sur le cap Khoboi en fourgonnette 4×4, à travers la foret et les pistes, ce qui parait être une promenade mouvementée (4 heures de piste aller-retour). La vue de là-haut sur les deux rives et sur les deux mer est apparemment magnifique. (cout : 1100 roubles). On peut également faire un tour en bateau avec plusieurs escales : la rive opposée (pour aller voir une cascade), sur une autre ile avec un temple bouddhiste, puis vue sur les falaises d’Olkhon (cout : 1800 roubles). Faute de temps (seulement 2 jours pleins ici), nous avons choisi de prendre le temps d’explorer à pied les paysages de l’ile.

Nous sommes en tout cas ravis d’être venus, c’est un endroit magnifique, reposant et revigorant ! Nous serions bien restés une à deux journées de plus, histoire de pouvoir faire une des excursions. Venir ici en hiver semble être une toute autre aventure, sans doute encore plus magique !

Un lac ? Que dis-je, c’est une péninsule !

Le lac Baïkal est celui des superlatifs : plus grand bassin d’eau douce de la planète, peut-être bien le plus profond aussi (on n’a pas vérifié) avec 1500 mètres. 636 kilomètres de long, 25 à 80 de large. Inscrits par l’Unesco en 1996 au patrimoine mondial pour sa richesse écologique, on y recense 1 550 espèces animales et plus de 600 espèces végétales.

Son eau est très limpide, il parait qu’on peut voir le fond jusque 40 mètres (impressionnant en hiver à travers la glace !). D’ailleurs, selon un skipper-hotelier-globbe-trotteur italien rencontré sur l’ile, d’un point de vue géologique ce lac serait en fait un « bébé mer » en formation, puisque les côtes du lac (2 plaques tectoniques différentes) s’écartent chaque année (il devient de plus en plus profond). On peut boire directement l’eau du lac (pas sur la côte, il faut s’éloigner un peu). Étonnant quand on y voit des bateaux faire croisière ! Il semblerait malheureusement qu’ici encore la pollution gagne, avec le développement d’algues et de bactéries sur les rives.

Quelques photos en plus…

 

 

4 réactions au sujet de « La magie du lac Baïkal »

  1. Superbe ! un kiff de vous lire…j’espère que tout roule !? Juliano j’ai envoyé ton CV aux éditions flamarrion je pense que y’a moyen de te faire une place au chaud :)) 95 % de jeunes ? Gros bécots !

    1. « Oui oui c’est possible » 😉 En fait on écrit les textes à deux, donc c’est surtout le CV d’Elise qui faudrait envoyer vu que c’est elle qui se tape tout le boulot ! Elle prends plein de notes et fait la trame, moi je passe derrière pour compléter, changer, etc. Un vrai travail d’équipe 😉

      1. j’avoue que la quart d’heurisation m’a permis d’affirmer que t’étais à la rédac, mais visiblement le quart d’heure est aussi un vrai d’équipe 🙂 congratulation Elise ! une sacrée plume ! Gros Gilbert !

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