Safari au parc national d’Udawalawe

Safari au parc national d’Udawalawe

C’est sous la pluie que nous avons quitté Ella et sous la pluie que nous sommes arrivés à Udawalawe. La route pour revenir vers les terres basses est plutôt serpentée, mais pas de mal de transport pour autant (ouf). Julien a cependant un peu mal vécu le trajet car le contrôleur du bus nous a délibérément menti sur la destination qui nous attendait, juste pour avoir sa course. Il y avait deux itinéraires possibles, nous on voulait faire Ella – Tanamalwala – Uduwalawe. On demande donc au contrôleur s’il va à Tanamalwala, il nous dit « OK ! ». Ce n’est qu’une fois à bord que le gars nous indique qu’il faudra descendre avant (à Wellawalla), pour prendre un autre bus (vers Colombo)… Bien évidemment, il ne nous fait pas le « tarif local ». Et pour couronner le tout : pas de place assise pour Julien dans le second bus (40 minutes tout de même) !

Plusieurs parcs nationaux proposent des safaris dans le pays. Ces parcs sont réputés dignes de certains safaris d’Afrique, du point de vue de la richesse des animaux. Le plus connu est celui de Yala, mais c’est aussi le plus fréquenté. Nous avons opté pour le parc d’Udawalawe, plus petit que celui de Yala. Il s’étend dans une plaine tropicale dont le cœur est le grand réservoir artificiel d’Udawalawe (d’où le nom), qui joue un rôle fondamental dans le parc puisque les animaux viennent s’y abreuver. En arrivant, une petite avant première nous attend sur la route qui longe le parc, lorsque l’on passe sur la digue du réservoir : 3 éléphants, les premiers éléphants « sauvages » que l’on voit ici !

Cela nous conforte dans l’idée de faire ce safari, bien qu’on soit un peu sur la réserve quant au déroulement de cette activité.† Nous avons lu beaucoup de mauvais commentaires sur le fait que les jeeps entouraient les animaux, qu’il y en avait des centaines, que cela coûtait très cher, etc. Tout ce que nous détestons.

Nous avons logé dans une auberge où nous avons rencontré 3 anglais avec qui nous avons partager la jeep pour partir en safari le lendemain. L’aube et le soir sont plus propice à l’observation des animaux, car l’après-midi les animaux se cachent pour échapper aux fortes chaleurs. Nous partirons donc à l’aube.

5h30 le lendemain, il fait encore nuit, on est un peu engourdis par le sommeil mais on est motivés. On prend place à l’arrière de la jeep, ou six places surélevées permettent une meilleure visibilité. La veille, il a plu toute la journée, ce matin c’est sec, on croise les doigts. L’air s’engouffre au dessus de la cabine de la jeep et vient nous fouetter le visage. Et le crachin se joint à nous. Ça réveille, on sort les vestes de pluie, en espérant que cela n’empire pas.

Arrivés au parc, d’autres jeeps sont déjà là. Comme nous avons déjà nos billets achetés la veille par notre hôte, nous attendons pas trop longtemps. Dans le parc les jeeps se suivent mais nous bifurquons pour prendre un autre chemin. Premier animal rencontré : un paon sauvage en haut d’un arbre. Nous en verrons beaucoup en fait et entendrons beaucoup de « Léonnn » par-ci, « Léonnn » par-là durant le safari.

Puis on croise nos premiers pachydermes : un éléphanteau, rapidement rejoint par sa famille (que des femelles, les mâles restent seuls), et d’autres encore. Ils ne semblent pas dérangés par notre présence. Ce qui est plaisant c’est que les conducteurs/guides coupent le moteur une fois arrêtés et parlent tout bas. Nous avons peut-être croisé une vingtaine de jeeps, ce qui est encore convenable. Comme le temps est à la pluie depuis quelques jours et ce après plusieurs mois d’une grande sécheresse, les éléphants sont aux anges. En effet la végétation est très jaunie, voir brulée à certains endroits. Il était temps qu’il pleuve…

Nous continuons d’avancer à travers les différents paysages du parc : certains ont un air de ressemblance avec la savane africaine (une brousse d’herbes hautes parsemée d’arbres), d’autres sont beaucoup plus luxuriants avec un épais tapis végétal dans lequel on a du mal à distinguer des éléphants, malgré leur taille !

Notre chauffeur nous amène au milieu du lac du parc, desséché après plusieurs mois sans eau. On progresse dans un paysage de troncs d’arbres morts, encore debout mais rongés par l’eau qui les a submergés, dressés comme des piquets, blancs délavés (on voit même la marque de la montée de l’eau en période de pluie)… On rencontre des buffles, on « aperçoit » des crocodiles (même au zoom de l’appareil photo on se demande parfois si ce n’est pas juste un tronc d’arbre immergé dans l’eau qu’on regarde…). Beaucoup de paons, et des oiseaux que notre guide identifie pour nous.

Parmi les absents de notre visite : pas d’iguanes, ni de singes, de « coyotes » (ils ont un autre nom), ou encore de biches et de cerfs, pourtant habituellement « facilement » visibles. On pense avoir vu le cul d’un ou deux « Pumba » détaller dans les herbes. Et, sans surprise devrait-on dire, nous n’avons pas vu de léopard, la star des parcs au Sri Lanka. Le parc de Yala compte la plus grosse concentration de léopards au monde. Une trentaine. Ça fait réfléchir. Il est dit qu’on peut parfois en voir aussi à Udawalawe. Notre guide-chauffeur en a vu une fois, sur 4 ans de métier.

Nous sommes globalement contents d’avoir fait ce safari et vu ces animaux. On reste dérangés par le coté mercantile (le nombre de jeeps présentes, alors que certaines n’avaient que deux personnes à bord), même si on est bien conscient d’y participer (en espérant que l’argent dépensé ici servira à une bonne cause). Après reste aussi le dilemme de « voir la nature » sans la déranger, difficilement conciliable avec les allées et venus des jeeps toute la journée.

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