Découverte de Cuba en 2 semaines : bilan et impressions

Découverte de Cuba en 2 semaines : bilan et impressions

Cuba était notre dernière destination de ce voyage incroyable. Lorsque nous pensions à Cuba en organisant notre itinéraire de tour du monde, nous avions en tête une ambiance, un rythme de vie unique. Et puis en tant que dernière destination, nous en attendions beaucoup, un peu comme un « final en beauté ». Ce gros coup de cœur espéré n’a pas eu lieu. Le pays est magnifique, mais certains aspects ont fait que nous n’avons pas pu être totalement éblouis par cette destination…

Nous avons voyagé en mai 2018 sur deux semaines, en circulant en collectivo et en dormant dans des casas particulares. Notre « mode opératoire » habituel durant le voyage était de ne pas trop préparer en amont, et d’organiser les choses sur place, grâce à d’éventuels guides touristiques, internet, et des bons plans partagés entre voyageurs. Cette approche a été pas mal contrariée compte tenu de l’accès à internet considérablement restreint et le peu d’accès à l’information en général (pas de vente de guides papiers sur place).

Nous avions donc en tête cette image un peu « mythique » de Cuba : des campagnes verdoyantes, des plages de sable blanc et une mer turquoise qui fait rêver, le vieux Havane et ses bâtiments coloniaux, les voitures américaines des années 50, les cocktails, les cigares, la musique dans les rues…

Nous avons rapidement pris conscience qu’en tant que « touristes » à Cuba (surtout sans maîtrise de la langue), il est difficile de sortir de ce cadre, tant les choses sont « compartimentées » entre touristes et locaux. Cela ne pose probablement pas de problème lorsqu’on visite Cuba « en mode vacances ». On se dit qu’on veut en profiter un maximum, on ne cherche pas forcément à regarder l’autre coté de la carte postale. On reste dans les lieux les plus présentables et on accepte probablement plus facilement de surpayer tous les services et marchandises.

Mais quand on sort de 10 mois de voyage, que l’on commence à être rodé niveau arnaques et qu’en plus on est fatigués, et bien il y certaines choses qui ne passent plus et que l’on repère relativement vite… Nous avons assisté à des comportements que nous n’avions pas croisé dans d’autres pays « en développement » (plusieurs scènes d’énervement), et nous avions le sentiment d’être constamment pris pour des portefeuilles sur pattes. Être confronté à des comportements peu respectueux des touristes est pesant, essayer de les éviter est fatiguant, en laisser passer certaines est inévitable et énervant.

Par ailleurs, les expériences positives ou négatives sont surtout liées au choix de l’hébergement et du mode de transport.

Il ne s’agit pas ici de venir « cracher dans la soupe », nous avons énormément de chance de voyager et de découvrir ces destinations. Mais comme toujours depuis le début de ce blog, nous essayons de vous transmettre nos ressentis honnêtes et sans complaisances (tout en essayant d’être critiques sur notre propre statut de touristes, un équilibre délicat). Cuba ne fera donc pas partie de nos recommandations. Pour nous le « Cuba Authentique » de carte postale n’existe plus, si tant est qu’il ait pu exister un jour.

Voici donc notre itinéraire, nos impressions et nos conseils !

Itinéraire

Nous avons passés 16 jours à Cuba. Voici notre itinéraire :

 

Voir en plein écran

Cuba face au tourisme

Cuba est devenue une destination très tendance depuis ces dernières années, notamment depuis la levée de l’embargo américain. C’est the place to go avant que le visage de Cuba ne change. Résultat : des millions de touristes viennent chaque année… Les américains sont de plus en plus nombreux à Cuba. Leur nombre a triplé en 2017 par rapport à l’année précédente. En mai, à la basse saison, nous avons surtout rencontrés des canadiens, des allemands et des français.

Et comme l’unanimité en voyage n’existe pas, les retours sur Cuba sont divers. Certains sont enchantés, d’autres comme nous déçus. De ce qu’on peut lire sur d’autres blogs, il semble que les motifs d’insatisfaction soient souvent les mêmes : peu d’échange avec les cubains, rapports biaisés par l’argent, pas assez « d’authenticité ». Une chose est sûre, Cuba est une destination chère.

Les cubains sont aux premiers abords très gentils et souriants. Mais on ne sait jamais si c’est pour arriver à une fin commerciale derrière. Et oui, parce que derrière tout conseil ou toute réservation faite pour vous, les cubains y trouvent un intérêt. Soit ils vous envoient dans la famille, soit ils prennent une commission sur une réservation.

Par ailleurs, il est très peu, ou pas du tout possible, de se débrouiller par soi-même et sortir réellement des sentiers battus. Le tourisme est très cadenassé. Probablement parce que la réalité du pays est frappante une fois sur place et que l’on creuse un peu : misère de la rue, rationnement alimentaire, manque d’infrastructures, difficulté d’accès à internet, faibles revenus, absence de liberté de la presse et d’expression…

La prostitution est désormais officiellement interdite à Cuba. Il est donc interdit pour un cubain de marcher avec un étranger dans la rue. Il n’est pas possible non plus pour une cubaine de rentrer dans un hôtel. Mais il n’est pas rare que les cubaines soient dans la rue pour autre chose que se balader…

Les Casas Particulares

A Cuba, l’embargo économique dure depuis 1962. Dans ce pays communiste, la population vit donc avec certaines restrictions. Et pour les touristes, les infrastructures hôtelières, qui sont toutes propriété de l’État, ne sont pas toujours à la hauteur des attentes et sont très chères. C’est pourquoi s’est développé le phénomène des casas particulares, ou hébergement chez l’habitant. Il y a donc deux modes d’hébergement : l’hôtel et la casa particular.

Dans le premier cas, c’est souvent cher pour ce que c’est. Dans le second, les chambres sont souvent assez kitch mais on est chez l’habitant et c’est plus intimiste. Mais si vous vous attendez à vivre vraiment « avec » l’habitant, vous serez sans doute déçu. Par exemple, les repas ne sont pas partagés avec les cubains et les habitaciones sont à l’écart de celles des habitants.

Bon à savoir : il n’est pas facile de réserver des logements sur Booking depuis Cuba, mais Airbnb fonctionne très bien (même s’il y a la commission de airbnb), tout comme le bouche à oreille (et là aussi les cubains entre eux se prennent des commissions s’ils envoient des gens à droite ou à gauche…)

La liberté à Cuba

Il n’est pas aisé de discuter avec les cubains et encore moins sur le régime en place. Si nous résumons grossièrement le régime de Cuba c’est : pas de liberté de sortir du pays, pas de liberté d’expression, pas de presse, pas d’internet (ou contrôlé), peu de liberté d’entreprise (avant il n’y en avait aucune), la population est sévèrement encadrée.

Les gens sont très souvent à la fenêtre de leur logement pour regarder et demander ce qu’il se passe. C’est de la véritable surveillance de certains habitants sur les autres. On sent que même si la politique du pays s’est clairement assouplie ces dernières années, la vie des cubains est encore tenue fermement et la délation semble être présente (même si nous ne l’avons pas vécu).

Par ailleurs, il n’y a pas vraiment de violence dans le pays. Alors que la plupart des pays d’Amérique Latine sont réputés pour leur violence, Cuba fait figure d’exception. Criminalité peu élevée, pas de gangs, pas de narcotrafiquant… Mais ce peu de violence s’explique par l’Etat policier et le peu de liberté qu’a le peuple, comme c’est souvent le cas dans les dictatures. Alors certes les touristes sont plus en sécurité ici, mais est-ce vraiment une bonne chose ce manque de liberté pour les locaux ?

Les cubains ont eu, et ont toujours, beaucoup de mal à accéder aux produits de premières nécessités du fait du blocus américain. La culture culinaire a été très profondément marquée par cela, les supermarchés sont gérés par le gouvernement et l’on y trouve que des produits de base.

L’argent à Cuba

Il faut savoir que deux monnaies cohabitent à Cuba, le peso cubain (CUP) et le peso cubain convertible (CUC).

Le peso cubain est réservé aux cubains (CUP). Les touristes en principe ne peuvent pas détenir cette monnaie, ni payer avec si ils en détiennent. Le peso convertible (CUC) est la monnaie pour les touristes. 1 CUC équivaut à 24 CUP, et vaut 1 $US ou 0,83 €

Les disparités sont donc énormes entre cubains et touristes. Par exemple un sandwich coûte 15 CUP dans la campagne, soit 0,6 CUC, mais en ville ou dans une place touristique, il sera à 2 voire 4 CUC ! Et c’est pareil pour tout…

Il faut savoir que le tourisme est une des principales sources de revenu du pays notamment pour les cubains qui vivent dans les étapes dites touristiques. Les propriétaires des casas particulares sont parmi les cubains les plus riches. Ce qui n’est pas forcément facile à comprendre au début. Pourtant, il suffit de faire un rapide calcul. A disons 20 CUC la nuit (sans compter les repas et déjeuners), et à raison de deux chambres autorisées, 10 nuits rapportent déjà 200 CUC sur le mois. A cela vous retranchez les 100 CUC de taxes par mois (énorme), ce qui fait déjà 100 CUC par mois, soit 4 fois le salaire de base fixé à 25 CUC…

Un médecin cubain gagnant l’équivalent de 50€ par mois et un instituteur 20€, on comprend donc la multiplication des casas qui permettent aux propriétaires de gagner un peu plus d’argent grâce au tourisme et l’ouverture du pays. Fait étonnant toutefois, il y a souvent des « bonnes » dans les casas particulares…

Il faut savoir également qu’en général les loyers sont gratuits, tout comme les charges, l’éducation et la santé. L’économie cubaine permet juste à ses habitants de survivre.

Toutefois, les paysans encore nombreux sur l’île ne gagnent clairement pas « aussi bien » leur vie. Il faut donc espérer que cette manne financière bénéficiera à l’ensemble de la population et non seulement aux cubains les plus aisés.

Ici, les gens ne paient pas par carte mais tout en cash. Il faut donc avoir du cash avec soit. Pour cela plusieurs possibilités :

  • soit retirer de l’argent au distributeur, mais il y a 3 % de commission (donc pour 100 CUC retirés, vous serez facturés 103 CUC et ce sera indiqué en dollars sur le ticket comme le CUC suit le dollar US)
  • soit changer des dollars en CUC mais si le taux de change est pas trop mal, il y a 13 % de commission étatique (donc pour 100 dollars échangés vous obtiendrez 83 CUC)
  • soit changer des euros en CUC et là a commission est moindre, donc ça vaut plus le coup.

En arrivant depuis le Pérou, nous avions retiré des dollars pour faire la conversion vers les CUC, pensant que c’était une bonne idée mais en fait, il vaut mieux retirer de l’argent au distributeur (ou venir avec des euros) !

On se rend vite compte que le touriste est ici soumis à de multiples sollicitations. Tout le temps. Signe des conditions de vie vraiment difficile de la population… On nous propose très souvent des cigares à bon prix (qu’il vaut mieux éviter d’acheter en dehors des circuits officiels pour ne pas se faire avoir), un taxi, un restaurant, une casa, ou même encore une nuit avec une femme ou un homme (nous ne l’avons pas vécu, mais c’est réel). De même, les tips sont vraiment généralisés. Les Cubains en demanderont souvent, que cela soit pour 5mm d’explication, pour utiliser des toilettes, ou bien parce que c’est leur anniversaire ! etc.

Cuba reste donc une destination chère au vue du coût de la vie là-bas et notamment en terme d’activités proposées. Le voyage suppose une bonne préparation car sans internet cela devient vite compliqué si vous ne maîtrisez pas totalement l’espagnol et que vous ne voulez pas vous faire arnaquer en permanence.

Les transports

Il existe plusieurs options pour se déplacer à Cuba :

  • louer une voiture, mais si on est plus libre, c’est aussi plus cher et parfois pas sécurisé.
  • prendre le bus Viazul, ce qui permet de dormir si le trajet est long mais il y a souvent des retards et les trajets sont plus long qu’en voiture. Il faut également penser à réserver en avance surtout en haute saison.
  • prendre les taxis d’Etat mais ils sont onéreux (nous n’en avons pris aucun).
  • prendre des taxis collectifs. C’est plus rapide et cela permet d’échanger avec le chauffeur et les voyageurs. Mais c’est aussi parfois archaïque et peu confortable (confère notre trajet depuis Cayo Coco vers Playa Larga…). Par contre on est emmenés de porte à porte et c’est pas mal.

Nous avons rapidement oublié l’option « voiture » après lecture et avis de voyageurs, car le prix, les mésaventures de certains (pneus crevés etc.) et la vétusté de certaines voitures nous ont vite refroidis. Par ailleurs, nous avions entendu des histoires de voyageurs ayant réservé une voiture depuis la France et se retrouvant sans véhicule une fois sur place. Inadéquation entre l’offre et la demande… Les prix varient en fonction du type de voiture, de la saison et de la durée de la location. Il faut compter environ entre 80-100 CUC par jour pour une voiture de catégorie moyenne. A cela il faut aussi ajouter l’assurance et l’essence. Donc clairement pour les distances inférieures à 150 km, il est en réalité plus économique de prendre des collectivo.

Nous avons privilégié les collectivo (note : qui ne prennent de touristes que le matin), et avons relié les différentes étapes ainsi :

  • De la Havane à Vinalès : collectivo : 2h30 (20 CUC par personne au lieu de 25 CUC)
  • De Vinalès à Trinidad : collectivo de normalement 4 personnes et direct. On était finalement 12 puis 30 dans un bus et on a du changer à La Havane : 9h au lieu de 5h (35 CUC par personne au lieu de 40 CUC)
  • De Trinidad à Cayo Coco : collectivo : 3h30-4h de trajet (25 CUC par personne au lieu de 30 CUC)
  • De Cayo Coco à Playa Larga : collectivo mais ous avons changé 5 fois de chauffeurs et 4 fois de voiture… : 6h (50 CUC par personne)
  • De Playa Larga à La Havane : collectivo : 2h (18 CUC par personne au lieu de 20 CUC)

Il n’y a finalement que peu de voiture à Cuba et les locaux se déplacent donc souvent à pied, en vélo ou à cheval.

Le stop

A la sortie des villes ou sous les ponts des autoroutes, nous avons aperçu des Cubains avec des billets dans la main ! Nous avons vite compris qu’il s’agissait du Stop. La vérité est que le système de transports publics entre les villes est déplorable. Seule une compagnie le propose entre les plus grandes villes. Mais à un prix élevé. Et comme peu de Cubains ont une voiture…

Cuba possède une large autoroute qui traverse le pays d’ouest en est. Il y a cependant tellement peu de trafic que cette large bande de bitume reste presque vide…

Les vieilles voitures

Quand on pense à Cuba, on pense à ces superbes voitures américaines des années 50 colorées… Elles sont effectivement omniprésentes dans les rues et sont l’héritage d’une époque où l’argent coulait à flot à Cuba. Comme il n’y a que très peu de véhicules sur l’île, elles sont bichonnées et font souvent office de taxis. Mais elles valent une fortune et restent des voitures pour touristes plus que pour le quotidien.

L’importation des voitures est interdite, d’où le trafic peu dense. Les rares voitures modernes sont vendues avec des taxes à l’importation énormes, et donc seuls les diplomates et hauts dirigeants peuvent en bénéficier.

L’accès à Internet

A Cuba, les accès à internet sont rares, et impossible d’y avoir accès avec les opérateurs locaux. Les points d’accès sont présents dans les grands hôtels, certaines casas et dans les villes uniquement dans les points d’accès Wifi de l’opérateur ETECSA (qui se trouvent dans le parc central des principales villes). Pour accéder à ces points Wifi, il faut vous procurer des cartes de téléphone (1h ou 5h) dans les boutiques de l’opérateur. Le prix est de 1 CUC par heure. Bon à savoir : N’oubliez pas de vous munir de votre passeport pour pouvoir acheter les cartes.

Un conseil, achetez un maximum de cartes en fonction de l’utilisation que vous pensez avoir, cela vous évitera de refaire la queue car les files d’attentes peuvent parfois être décourageantes. De plus les cartes peuvent être utilisées dans tout le pays. Après, pour ceux qui veulent faire une pause, Cuba se prête vraiment très bien à une déconnexion…

La gastronomie de Cuba

On ne vient pas à Cuba pour la cuisine, surtout si on est amoureux des mets fins, élaborés et variées ! Certes on peut déguster de temps en temps une petite langouste, ce qui est délicieux on vous l’accorde, mais le reste du temps, il n’y a pas vraiment de raffinement : du riz, des haricots rouges, de la banane plantin, des crudités.

On peut néanmoins retrouver une cuisine internationale un peu partout (enfin, des pâtes et des pizzas surtout) mais les prix ne sont pas si bons marchés.

A noter qu’il est parfois mieux de manger dans les casas, même si les prix restent élevés (entre 7 et 10 CUC). Cela permet notamment aux familles d’avoir accès à d’autres denrées que uniquement celles de leur carnet de rationnement mensuel.

Grâce au rhum cubain, les cocktails sont sympas et pas trop chers.

Le saviez vous ?

Quand on pense à Cuba, on voit population antillaise, et donc noire. Mais en réalité 60 % de la population est composée de blancLa grande majorité est d’origine espagnole (il n’est donc pas rare de voir des cubains blonds aux yeux bleus !) On trouve aussi un peu de français. Au 19ème siècle, des milliers de français se sont établis en effet à Cuba après une révolte à Haïti. Le reste de la population est métisse (20 %), noirs (10 %) et…chinoise (1 %)

 

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