La quête des Raies Manta à Nusa Lembongan

La quête des Raies Manta à Nusa Lembongan

Traversée en fastboat de Gili Air à Nusa Lembongan

Notre traversée de Gili Air vers Nusa Lembongan se fera en fastboat. On vous passe les péripéties sur le choix des billets, on pourrait presque en écrire un article entier ! (On a payé 500 000 RP par personnes, avec la compagnie « Akajaya », mais on doit pouvoir faire moins cher). Il nous restait environ une semaine en Indonésie et nous hésitions à aller à Lombok ou bien Nusa Lembongan (une petite île en dessous de Bali). Le choix s’est porté sur cette île, notamment en raison de la possibilité de voir des raies mantas (grâce à notre niveau de plongée fraichement reçu).

Après avoir lu une dizaine d’articles pour éviter le mal de mer, Elise décide de se mettre en haut sur le pont tandis que Julien et Clément privilégient la climatisation de la cabine. Nous devons faire une escale à Pandang Bai, le voyage durera donc en tout près de 3 heures. L’arrivée sur l’ile de Nusa Lembogan se fait sur une plateforme au plein milieu de l’eau : il n’y a en effet pas assez de fond pour le gros bateau. On atteindra la zone de débarquement des passagers via un petit bateau. La descente se fait presque les pieds dans l’eau. Puis comme notre billet inclue le « drop off », on nous appelle les uns après les autres (comme en colonie de vacances !) en fonction de l’hôtel où nous séjournons pour monter dans des camionnettes. Finalement, tous les hôtels sont proches les uns des autres, l’ile étant petite.

Nusa Lembongan est une petite île de 8km² au large de la côte sud-est de Bali. Elle fait partie de l’archipel regroupant les 3 iles de Nusa Lembongan, Nusa Ceningan et Nusa Penida, mais fait aussi partie de Bali. A seulement 30min de bateau de Bali, l’archipel s’ouvre lentement au tourisme (on est encore loin du tourisme de masse de Bali). Notre ile est calme, avec peu de circulation sur les routes (beaucoup de scooters et de camionnettes transformées en taxi pour touristes). Les paysages y sont magnifiques, avec des plages de sable blanc, des falaises et des fonds marins à couper le souffle. L’activité économique principale de Nusa Lembongan est la culture d’algues destinées à la fabrication de pilules ou de cosmétiques. Nous avons vu les champs de culture d’algues à marée basse, mais n’avons pas eu la chance d’observer les vas et viens des bateaux d’éleveurs.

Découverte de l’île

Ballade en scooter vers les falaises

Le premier jour c’est en scooter que nous allons explorer l’île. Ici les scooters sont plus chers qu’a Bali (70 000 la journée). Notre premier arrêt : « Devil’s Tear » (larme du diable). C’est une langue de terre complètement déchirée par le vent et la force de l’Océan Indien ; les vagues se lancent à l’assaut de la falaise et s’engouffrent dans des cavités, projetant des trombes d’eau, des panaches d’écume dans les airs. Comme les nuages étaient de la partie, nous n’avons pas pu voir les arcs en ciels qui habituellement sont visibles, mais ils sont aisément imaginables. C’est assez impressionnant… et il parait que certains audacieux se jettent de la falaise pour sauter. Seul bémol : les camions de chinois fraichement débarqués et que l’on entend crier tout le temps… Nous attendons donc qu’ils repartent pour profiter un peu plus de l’endroit.

Puis direction « Dream Beach ». C’est une belle plage sensée être un peu « secrète », bordée d’un énorme hôtel (avec piscine à débordement) a coté quand même… La plage est belle mais les vagues, puissantes, découragent de se baigner.

Puis après le déjeuner, nous partons à la découverte de l’île voisine, encore plus petite, Nusa Ceningan. Nous passons donc un petit pont jaune (nous avons appris que ce pont s’était brisé l’année dernière entraînant la mort de neuf personnes et des dizaines de blessés. Il y a eu un problème de surcharge suite à une cérémonie religieuse qui s’est déroulée ce jour-là… Mais depuis il a été reconstruit « en dur »), seulement accessible pour les piétons et les scooters puis nous dirigeons vers le « Blue Lagoon ». L’eau y est d’un bleu hypnotique… La plage, encaissée par des falaises, est inaccessible.

De retour à Nusa Lembongan, nous finissons la journée à « Mushroom Bay », une plage du nord. La baignade y est rafraichissante ! Puis nous allons à un « Sunset Point » pour voir le coucher du soleil sur la mer.

Mangrove et farniente

Deuxième jour de vadrouille : direction la mangrove ! Elle couvre un quart de l’ile au nord. Nous sommes montés dans une pirogue « à l’ancienne »et c’est parti pour 25 minutes de balade… Nous essayons d’ouvrir l’œil, car une mangrove est censée abriter une foule d’animaux, bien a l’abri dans un milieu touffu et nourricier. Mais à travers cet enchevêtrement de branches fantasmagorique, nous ne verrons que de minuscules petits crabes bleus sur les berges. Balade sympathique à l’atmosphère si particulière, mais on reste sur notre faim au final, après seulement 25 minutes de bateau (ne pas oublier de négocier les prix !).

Puis après-midi à la recherche d’un centre de plongée, de billets de bateaux pour revenir sur Bali et enfin repos sur une plage de sable blanc et fin à quelques centaines de mètres de notre hôtel ! Pour le centre de plongée, on a un peu arpenté la ville à la recherche du club idéal : pas trop cher, mais avec du bon matos et des guides européens. Il est ressorti de nos discussions et de nos lectures que parfois les guides locaux ne sont pas « au niveau », que ce soit en terme de sécurité ou de « gestion » de la plongée. Après moult tergiversations, on a opté pour le club de plongée « Dive concepts », surtout influencés par le fait que c’est tenu par des français (mais aussi parce que leurs prix étaient moins chers).

Le troisième jour, nous nous sommes reposés, on a écrit nos articles, et bouquiné. Le matin Clément est allé faire une plongée en piscine pour se préparer à faire son baptême de plongée en mer avec nous le lendemain !

Plongée avec les raies Manta !

Le quatrième jour, direction « Manta Point » et « Crystal Bay » pour deux plongées ! Notre enthousiasme décroit à mesure que la plongée progresse : combinaisons trouées, matériel défectueux sur le bateau (profondimètre cassé pour Julien, et Elise s’est aperçue en ouvrant sa bouteille d’une fuite d’air sur un câble…), briefing approximatif… On était sensé plonger avec un « divemaster », mais on n’est pas sur que notre guide (un local) en soit un (au sens PADI / SSI du terme). Bref, on est à l’opposé de notre centre de Gili Air.

Nous avons donc pris le bateau avec pas moins d’une quinzaine d’autres plongeurs direction Manta Point. La mer est agitée mais on nous a distribué des pilules contre le mal de mer avant de partir (…). 40 minutes plus tard, nous voilà sur le premier site de plongée, pas loin des rochers. Voici le briefing reçu par notre guide : « il y a une zone sableuse, ne vous approchez pas trop du sol parce qu’il y a des « stingrays » (venimeuses) dans le sable, il y a beaucoup de vagues donc il va y avoir pas mal de ressac, attention à ce que le courant ne vous emmène pas dans les rochers et restez groupés, et ne vous approchez pas trop des Raies Manta sinon vous allez les effrayer »… OK ! Ça met en confiance tout ça !

Dès la mise à l’eau, on sent les vagues et surtout le froid ! L’eau est à 20 degrés, ça nous change des 27° de Gili Air ! A la descente, Elise a son masque qui prend l’eau, et elle n’arrive pas à le vider correctement. On remonte donc, Elise fait au mieux pour le serrer et le remettre et on redescend. L’eau est super trouble et froide, et malgré les combi intégrales un peu plus épaisses, Julien grelotte déjà ! Cela ne rassure pas du tout Elise. Elle a réussi à avoir deux combi l’une sur l’autre, et est donc un peu plus à l’aise (elle aurait certainement pas tenu le choc sans ça, frileuse comme elle est !). La visibilité est faible, mais nous parvenons à la « station de nettoyage » des raies, où nous restons statiques pour voir les raies (enfin, « statiques » mais balancés par le ressac ! C’est impressionnant, mais du coup il faut bien faire attention à sa flottabilité pour ne pas percuter les rochers du fond).

Quelques secondes plus tard, elles sont là ! On a du mal à les voir, il faut presque les deviner à cause de la visibilité de l’eau, mais on en avait peut-être 6 autour de nous. Elise, toujours embêtée par son masque, loupe un peu le spectacle. Elles tournent en rond au dessus d’un piton rocheux, et c’est quand elles s’approchent de nous qu’on se rend compte de leur taille. L’une d’elle passe juste au dessus de nous, nous voyons son ventre blanc. Encore quelques minutes d’observation, puis il faut repartir : un plongeur de notre palanquée (on était 4 avec le guide) attaque sa réserve… Le guide partage sa bouteille avec lui le temps qu’on nage pour « sortir » du site. Sur cette nage au retour, on croise un requin bambou qui passe rapidement en dessous de nous. Puis nous remontons vers le bateau avec les membres endoloris par le froid.

Nous sommes un peu déçus des conditions de cette plongée, loin d’être optimales. Nous avons plongé uniquement 25 minutes (le froid et le courant font consommer plus d’air, nos plongées à Gili étaient de 40 minutes environ).

De retour sur le bateau, direction Crystal Bay. Elise prend un autre masque et 30 minutes plus tard nous retournons à l’eau. Cette plongée promet d’être plus froide encore mais avec une meilleure visibilité. Dans l’eau nous voyons et sentons en effet les courants froids (glacés oui !), visuellement c’est comme si on mélangeait de l’huile dans de l’eau. Nous voyons beaucoup de poissons, mais dès que l’on descend vers les 18 mètres de profondeur, il fait vraiment très froid. Le guide, qui voit la caméra de Julien trembloter dans ses mains, nous fait remonter vers les courants plus chauds, ce qui nous fait le plus grand bien ! Il y a quand même pas mal de courant.

Lorsqu’Elise atteint sa réserve (50 bars), le guide encore une fois partage sa bouteille (via le détendeur de secours). On ne sait pas trop si c’est « autorisé » / recommandé (on nous a enseigné que réserve = remontée), on pense plus que c’est pour permettre aux autres plongeurs de continuer un peu plus longtemps… Puis nous remontons lentement vers la surface. A peine remontée sur le bateau, Elise ne se sent pas bien et va généreusement nourrir les poissons de son reste de p’tit-dèj ! Comme c’est gentil de sa part :)

A notre retour sur la terre ferme, on a donc le sentiment d’une expérience globalement mitigée. Peut-être que les conditions du jour (qu’on ne peut pas prévoir d’avance !) ont rendu la plongée à Manta point plus compliquée que ce qu’on pouvait gérer, avec notre petit « niveau ». On reste quand même un peu déçus, nous qui nous faisions une joie de cette expérience.

La parole à Clément

Clément de son coté a profité de ses deux plongées en mer et a aimé ça malgré les conditions de la journée, nous sommes donc contents pour lui :) Voici son ressenti : « Un peu déboussolé et occupé à me gérer [note: le dive instructor, qui avait 3 élèves, était bien occupé à gérer l’un des élèves…] pour apprécier les manta lors de la première plongée, sans parler de la mauvaise visibilité et des courants forts du ressac, j’ai vraiment apprécié la seconde plongée avec la multitude de poissons, notamment la vue sur le « drop off » (la partie du récif qui descend vers le fond, à 45°). Puisque c’était ma première plongée, je n’ai pas de point de référence pour juger de la qualité du centre. J’ai apprécié cet état d’apesanteur méditatif ».

PS : les photos paraissent bleues sous l’eau. En réalité, l’eau avec les mantas était vert/marron avec beaucoup de plancton en suspension… Julien avait oublié de désactiver le mode « timelapse » de sa camera du coup nous avons du prendre des images du film réalisé. les photos où nous sommes sous l’eau sont celles de la deuxième plongée.

Le mot de la fin

L’île de Nusa Lembongan est très belle et paradisiaque ! Bien qu’épargnée du tourisme de masse, on sent que celui-ci se développe déjà. Du coup on y trouve de nombreuses sortes d’activités : stand-up paddle, surf, banane géante tractée, parachute ascensionnel, jet ski et même des plate-formes de jeux avec des nombreux toboggans se jetant directement dans l’eau… Tout pour les chinois quoi… et il y en a beaucoup ici… :) :). Une autre qui aurait été sympa de visiter aussi est Nusa Penida. Une autre fois ! :)

Une réaction au sujet de « La quête des Raies Manta à Nusa Lembongan »

  1. Je ne pensais pas que vous auriez froid en étant en Océanie. En tout cas j’ai l’impression que vous avez bien profité de votre séjour, avec des temps de repos, des horizons très variés et l’occasion de faire un peu de cuisine.
    Bisous, Pat et Clo

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