Sri Lanka : à la découverte des plages du Sud

Sri Lanka : à la découverte des plages du Sud

Tangalle la désertée

La procédure se ressemble à chaque « déménagement » : on réserve une chambre sur « booking » la veille, avec annulation gratuite, jusque 18h le jour même, une petite « valve de sécurité » (certains diraient un « quart d’heure » – private joke). On prends le bus vers notre nouvelle destination, et là on lance l’application « Maps.me » pour aller de la gare de bus à l’hôtel / guesthouse, souvent à pied (malgré les invitations pressantes des chauffeurs de tuk-tuk).

Ce jour là, à la descente du bus, on se rend compte que :

  • On n’a pas noté l’adresse dans l’application « Maps.me »
  • On n’a pas téléchargé sur nos mobiles la confirmation de la réservation
  • On ne sait pas du tout où se trouve notre hôtel…

On part donc à la recherche d’un « free wifi » pour récupérer l’info. Évidemment, on se fait harceler par les chauffeurs de tuk-tuk (« where are you going ? »). C’est alors qu’un homme nous propose ses services, nous expliquant qu’il est propriétaire d’un hôtel, qu’il a un tuk-tuk et qu’il peut nous emmener à son hôtel en tuk-tuk gratuitement pour que nous utilisions son wifi. Julien a tous ses « warnings » au rouge, c’est trop louche. Elise en revanche dit clairement au gars qu’on paiera rien, car on déjà une réservation.

On refuse quand même le tuk-tuk. Un tuk-tuk gratuit, ça n’existe pas. Arrivés là-bas, comme on le pressentait, le gars nous fait le tour de l’hôtel et de ses chambres. L’endroit semble désert. Fatigués par le trajet, les sacs et la chaleur, la tension monte entre nous. Elise trouve l’endroit pas si mal, et voudrait rester. Julien voit le ver au bout de l’hameçon, et attends d’avoir accès au wifi pour repartir. Notre hôte sent que c’est pas gagné, et sort un atout : Il nous offre une « King coconut » pour nous désaltérer. Elise demande le prix de la chambre : notre prix est le sien… Elle propose 1200 roupies (un prix très bas, que nous avons rarement eu, mais qui était le prix de l’autre réservation), le gars tique un peu, mais finit par accepter. Julien aussi tique un peu, puis finit par accepter ;)

Lorsque l’on va se promener sur la plage peu de temps après on constate qu’il y a énormément d’hôtels et de restaurants disponibles mais ils sont quasiment vides… Où sont les touristes ? Tangalle est présenté comme une ville calme, pour le coup c’est réussi ! On ne se plaint pas, mais l’atmosphère est étrange lorsqu’on marche le long de la plage et que se succèdent restaus sur cafés sur hôtels, tous semblant vides.

La plage est très belle mais la mer est agitée. Quand nous demandons si c’est tout le temps comme ça, on nous répond que là ça va, c’est relativement calme… Hum-hum. Puis nous avons profité d’une balade sur le port de plaisance à la tombé de la nuit. A la sortie du port, de nombreux Sri Lankais sont sur la plage : certains se baignent, un groupe chante et joue des percussions, c’est authentique et ça fait du bien. Les gens, intrigués de nous voir là, nous demandent d’où on vient, échangent des « banalités » (barrière de la langue), prennent des photos de nous. C’était un moment très chouette de partage.

Mirissa

Les trajets en bus se succèdent et se ressemblent quant à la conduite des chauffeurs, sauf qu’ils montent à chaque fois en intensité. On pensait avoir tout vu, mais le trajet vers Mirissa a été l’un des pires… Le chauffeur était vraiment débile et inconscient dans sa conduite, klaxonnant à tout va, obligeant littéralement les autres véhicules à se ranger… Et quand on lui demande de descendre quelque part, il fait celui qui n’entend pas et nous dépose finalement 2km plus loin quand Elise fini par se lever et lui dire « OK now you stop here please ( !) ». Les sacs sur le dos, nous rebroussons donc le chemin vers notre guesthouse… Marcher ici n’est jamais très plaisant, sans trottoir et avec les véhicules qui passent tout près… Arrivé à notre guesthouse, surprise ! On y retrouve 2 canadiens que nous avions rencontrés à Kandy.

C’est ensemble que nous irons à la plage. L’océan ici est tout aussi déchainé qu’à Tangalle… Et oui, c’est l’océan Indien en pleine mousson… Nous qui imaginions une plage paradisiaque avec une eau turquoise calme et surtout mieux qu’à Tricomalee… La plage est magnifique, mais la baignade n’est pas de tout repos, avec de grosses vagues et de forts courants. Pour sûr nous ne laisserions pas des enfants se baigner ici !

Puis le ciel s’assombrit, nous voyons la pluie arriver au large et ça ne manque pas, c’est sous la pluie que nous passerons le début de la soirée. Nous décidons d’aller manger tous les 4 dans un restaurant de Rotti sympathique et partons donc sous la pluie. Nous sommes courageux mais la pluie à raison de nous et nous finissons par arrêter un tuk-tuk sur la route pour finir le chemin. En sortant du restaurant la pluie a cessé, nous passons par la plage. Le bain de minuit est vraiment déconseillé avec cette mer… Mais les étoiles sont là et Julien, jamais avare d’une petite « app » bien sentie, nous fait découvrir grâce à son smartphone les étoiles de l’hémisphère sud (constellation du scorpion et Saturne !).

L’une des activités phare de Mirissa est le « whale watching » : une sortie en mer pour aller voir les baleines bleues. On demande, on compare les prix, mais au fur à et mesure on comprend qu’à cette saison la mer est tellement agitée que tout le monde est malade à bord ! Sentiment confirmé de première main le soir au resto : deux touristes espagnols reviennent de sortie : 5 heures de bateau, tout le monde ou presque malade à en vomir, et des baleines visibles de loin. Leur retour a calmé les ardeurs de tout le monde !

Du coup le lendemain on décide de prendre un tuk-tuk à la journée pour visiter une plantation de thé (que nous n’avions pas pu faire auparavant dans les montagnes) et d’aller au fort de Galle. Imaginez nous à 4 derrière le tuk-tuk… c’était folklorique ! Myles et Jénia (le couple de canadien) étaient obligés d’être l’un sur l’autre, on était un peu gênés et en même temps reconnaissants !

La visite de la plantation, « virgin white tea » était vraiment intéressante (et gratuite !), avec beaucoup d’explications et une dégustation à la fin. Au top ! Nous avions lu tellement de mauvais commentaires sur des visites dans d’autres plantations, payantes et expédiées en 15 minutes. Ici c’était tout l’inverse, vraiment une belle expérience.

Sur la route, nous voulions voir les fameux pêcheurs perchés sur leurs bâtons en bois (« stilt fishing »). Cette tradition du Sri Lanka, qui a fait le tour du monde en photo, est malheureusement en perdition. On croisera, le long de la côte, de nombreuses perches vides. Les seuls endroits on peut voir des « pécheurs » semblent être des attrape-touristes où il faut payer la photo !

Nous en avons fait l’amère expérience : à bord du tuk-tuk, nous passons devant plusieurs « pécheurs ». On demande à notre tuk-tuk de ralentir sur la route pour regarder (et, il est vrai, prendre une photo). Nous n’étions pas encore arrêtés qu’un homme coure vers notre tuk-tuk et nous crie dessus en tentant de s’emparer de l’appareil qu’Elise avait à la main ! Il nous ordonne de donner de l’argent pour prendre des photos… Notre chauffeur aussi a le droit à une engueulade, mais reste calme. On demande au gars de rester poli, expliquant qu’on n’a pas pris de photo… Scène irréelle… Il semblerait qu’il soit devenu plus profitable aux pécheurs de poser pour une photo que de vendre leur poisson au marché. On ne peut pas leur en vouloir, c’est juste dommage que cela soit accompagné d’une certaine agressivité. Notre chauffeur nous expliquera qu’à certains endroits, la photo se monnaye jusqu’à 1000 roupies (on avait payé notre chauffeur 3000 roupies pour la journée de tuk-tuk).

En revanche nous avons vu de vrais pêcheurs, sur la plage (qui pêchaient « à la ligne » avec des cannes en bois). Nous leur avons acheté 3 poissons tout fraîchement pêchés pour les déguster le soir. Au moment où nous partions, l’un des pêcheurs à une grosse prise, et sort un poisson plus gros que nos trois poissons réunis ! Notre chauffeur nous a proposé de les mettre au frais chez son professeur d’anglais pour la journée.

Nous voulions visiter une « nursery » pour tortue mais aux dires des gens qui en sortaient elle ne valait pas la peine, pas d’explications données et ils se demandaient même si l’argent allait vraiment à la protection des tortues… La visite du fort de Galle fut vraiment géniale, avec un couché de soleil sur les remparts, magnifique et insolite d’ailleurs car il pleuvait en même temps…

Le soir notre hôte nous a préparé les poissons comme un chef, grillés avec du gingembre, du citron, des aromates, c’était succulent, bien plus certainement que tous les poissons que l’on aurait pu manger dans un restaurant. Et là au moins on sait où et quand ils ont été péchés :)

Les jours suivants la pluie est bien là, parfois en continu, rafraîchissant l’atmosphère, puis la lourdeur se réinstalle. Nous profitons d’accalmies pour aller à la plage mais sans trop nous baigner, la mer étant assez remontée. Nous décidons de rester plus longtemps dans la chouette guesthouse où nous sommes et d’aller en bus à Galle.

Galle et son fort

Nous avions lu que Galle était une ville incontournable du Sri Lanka. Les logement étant très chers dans cette ville, nous profitons d’être à Mirissa (à 1h en bus) pour faire une escapade d’une journée là bas. Ce qui est incontournable dans cette ville c’est surtout son Fort, la ville en elle-même n’ayant pas grand intérêt.

Galle (qui se prononce « Gawl ») est une ancienne ville fortifiée : d’abord aux mains des Portugais, c’est avec les Néerlandais qu’elle sera à son apogée. Le fort est inscrit au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO.

Le fort nous a vraiment charmé : des petites ruelles, des maisons aux portes immenses, la forteresse et sa vue sur la mer, le phare, tout cela forme un tout harmonieux et agréable pour déambuler. C’est peut-être parce que cette ville nous rappelle un peu l’Europe que nous nous y sentons si bien. Même les magasins de souvenirs sont très beaux ! Pour sûr les touristes sont là, c’est même la première ville où nous voyons autant de touristes. Il ne manque pas de restaurants et bars.

Il y a des bâtiments religieux de toutes sortes, ce qui nous change des temples et pagodes : de nombreuses églises – anglicane, protestante, méthodiste – , une mosquée. Nous sommes également passées devant la place des tribunaux, où les avocats sont vêtus d’un costume noir, cravate noir et chemise blanche. A côté, le « black fort » et ses geôles encore présentes…

Dans la nouvelle ville, encore un vestige du passé colonial : une cathédrale (catholique), avec de larges fenêtres sur les flancs, contrairement aux églises qu’on a l’habitude de voir. La nouvelle ville n’a vraiment rien d’exceptionnel ; nous n’aimons pas vraiment. Mais nous en profitons pour aller au « marché aux épices » pour Elise. En fait apparemment seule une boutique (Yasiru Spice Shack) aurait survécu au tsunami, depuis le marché est essentiellement de fruits et légumes. Son propriétaire est un vendeur très charismatique… Nous y prendrons du curry pour le curry de Dhal, et du safran. Pour le safran, le doute plane : quelques minutes après notre achat, nous trouvons, à quelques pas, un contenant identique pour moitié moins cher ! Confronté, notre vendeur nous assure que c’est une question de qualité. Mi-figue mi-raisin, on décide de laisser le doute planer… à la mesure des avis concernant cette échoppe sur Tripadvisor, ou le pire côtoie le meilleur…

Quelques photos du coucher de la vue depuis le Fort de Galle

Et enfin, quelques photos des portes des maisons coloniales, parce ce qu’elles sont vraiment belles :)

Hikkaduwa

Nos deux derniers jours au Sri Lanka seront à Hikkaduwa et ses plages ; on se rapproche lentement mais surement de Colombo, la capitale, en prévision de notre vol. Ici encore le bleu turquoise n’est pas de circonstance la mer étant très remontée et brassant beaucoup de sable. Une visibilité de moins d’un mètre, quand on peut voir à 10 lors de la haute saison ! Mais nous réussissons à voir des poissons au bord de l’eau.

En fait Hikkaduwa est sensé abriter un récif corallien, juste devant sa plage. Du récif, il ne reste que des rochers. Endommagé par le tsunami puis par El Nino, le reste a été fini par les hommes et les bateaux. Il est toutefois possible d’y voir des tortues, d’après ce qu’on avait entendu.

Ah, les tortues ! On avait zappé « Pidgeon island » à Trincomalee, mais on espérait en voir à Mirissa. Sauf que le jour où on se décide d’aller à Galle, deux personnes différentes nous confirment avoir vu des tortues : à Mirissa, et à Unawatuna près de Galle. D’opportunités loupées en rendez-vous ratés, on avait beaucoup d’attente pour Hikkaduwa !

Notre hôte nous confirme, le soir du premier jour, qu’on peut voir les tortues au bout de la plage, le matin entre 7h00 et 8h00. Ni une, ni deux, nous nous levons aux aurores le lendemain pour notre expédition ! Sur la plage, le soleil est de la partie après 4 jours de grisaille et de pluie. Face au « récif corallien », un chauffeur de tuk-tuk super sympa nous confirme l’endroit, mais nous indique que c’est entre 8h30 et 9h30. Il est 7h00, on décide de se mettre en appétit avec les poissons, visibles par dizaines à trois pas du bord.

Puis on part vers le fameux « spot » aux tortues. 8h30, 9h, 9h30, 9h45, toujours rien… On fait connaissance d’une famille française, avec qui on discute. 10h30, on décide de rentrer petit-déjeuner à la guesthouse.

L’après-midi, de retour au « récif », Julien fait du snorkeling pendant qu’Elise joue avec les vagues. Nous recroisons la famille française vue le matin, ils nous confirment avoir vu des tortues, 45min après notre départ ! Elles étaient encore là 30 minutes plus tôt, quand ils sont partis de la plage !

Branle-bas de combat, on repli nos affaires et on retourne au « spot » : l’eau a monté depuis ce matin. Ce spot comporte de nombreux récifs, sur lesquels on marche nus pieds, de l’eau jusqu’aux genoux… Comme le spot est en pointe, les vagues arrivent des deux cotés et nous font bouger fortement ! Après de longues minutes à scruter l’écume, on aperçoit, au loin, deux petites têtes qui sortent de l’eau par intermittence. Des tortues ! Enfin ! Nous sommes contents :)

Face à la force des vagues, on rebrousse chemin. Arrivé sur la plage, un attroupement de personnes. On s’y précipite (aïe les pieds), et là on tombe sur 3 ÉNORMES TORTUES ! Elles sont gigantesques ! Un Sri Lankais les appâte avec des algues, nous faisons de même avec des bouts d’algues ramassés dans l’eau… On comprend mieux leur présence si près du bord du coup, sans doute liée à la présence de touristes les nourrissant (on peut acheter des algues exprès pour)… Ces animaux, étonnamment gracieux avec leurs carapaces, se laissent parfois emporter par les vagues, attention aux tibias ! C’est hyper impressionnant, et vraiment dingue d’être à coté d’animaux aussi gros et gracieux. Une conclusion parfaite pour notre séjour au Sri Lanka !

Retour vers colombo

Pour le retour vers Colombo et l’aéroport, nous avons décidé de prendre le train, qui longe la côte. Le bus c’est sympa, mais on a eu notre dose :) Nous avons pris le slow train (3h entre Hikkaduwa et Colombo). Dans notre wagon, que des asiatiques ! Le train est effectivement très lent, s’arrêtant à toutes les gares. Nous en profitons pour regarder le paysage.

Le train longe la côte, parfois si proche qu’on pourrait presque plonger depuis la fenêtre ! La vue, sur la mer, est superbe. Ca sent les embruns :) Encore une belle expérience du train au Sri Lanka, malgré les déchets éparpilles le long des rails. A l’approche de Colombo, nous remarquons pour la première fois des immeubles d’habitation (autres que des hôtels). Mélange étrange avec les maisons vétustes et les abris de fortune.

A la descente du train, on est bombardés de chauffeurs de tuk-tuk. On esquive et on se dirige vers la station de bus, ou seuls des minibus climatisés partent vers l’aéroport. Moment de tension alors qu’on essaye de négocier un tarif raisonnable. Les conducteurs essaient de nous avoir avec des tarifs exorbitants, il faut prendre des places pour nos sacs (alors que les sacs iront dans le coffre) ! Finalement un inconnu nous indique l’endroit des « big bus » (en face de la station « Pettah »). Le trajet, moitié moins cher, se fait sans encombres en une heure environ (dans un bus avec AirCo !).

Quelques clichés encore (parce qu’il n’y en avait pas assez :) )

2 réactions au sujet de « Sri Lanka : à la découverte des plages du Sud »

  1. Superbes photos. Bravo.
    Au début, je pensais que julien avait perdu son rasoir, mais ça commence à pousser sérieusement.
    Betty est repartie ce midi avec E et J pour Grenoble après 2 semaines de vacances avec H et H qui repartent demain. Nous allons souffler un peu.
    Bisous
    PAt et Clo

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